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Une goutte d’eau dans le désert

Une goutte d’eau dans le désert

Une goutte d’eau dans le désert

Et aussitôt, l’arbre de pluie se met à raconter.

La terre desséchée,

Les graines infertiles,

Les ventres affamées.

Et aussitôt, le tam-tam se met à résonner.desert-749692_960_720

Plus rien à manger,

Le bétail, panse efflanquée,

Sols à l’infini craquelés.

Une goutte d’eau dans le désert

Et aussitôt, l’espoir se met à enfler.

Rigoles de pluie, la vie renait,

Sourires des visages mouillés,

Le ciel est remercié.

 

 

 

 

En attendant la pluie

En attendant la pluie

Demoiselle hésitait.

Sortira, sortira pas.

S’ennuyait, à dépérir.

Sa belle robe jaune,

Ses couleurs, rafraichir,

Avait le désir.

J’y vais, j’y vais pas.

Toc, toc,

A sa porte, on frappa.

On s’inquiétait.

Que faisait-elle,

Dans sa maisonnée,

Ainsi recroquevillée.

Un peu d’air frais,

Mademoiselle,

Et vous verrez,

Le bien, que vous y trouverez.

Hésitant, à faire le pas,

Demandant en quelle humidité,

La nature, dehors, était.

Tout à fait favorable,

D’une fraicheur à se régaler.

Prudemment, demoiselle sortit.

Réfléchissant, que de la bienfaisante pluie,

N’ayant rien entendu,

Plus jamais, ces délicieux moments,

N’aurait vécus,

Si de sa coquille, on ne l’avait fait sortir.

Ses cornes en  frémirent.

 

Qui sème le vent récolte la tempête

Qui sème le vent récolte la tempête

Un banc,TEMPÊTE PICART LE DOUX 1955image040

Sur ce banc, un dictionnaire.

Un léger souffle.

Se tournent les pages,

Libérant une image.

Graines folles voletant,

Légères, dispersées dans l’air.

Soufflant avec grâce,

S’élève une créature de rêve.

« Je sème à tout vent » murmure -t-elle.

Soulevée dans les airs, sa chevelure malmenée,

La voilà,  harpie, devenue.

Un grand nuage noir l’enveloppe.

Sur le banc,

Feuillets agités comme ailes de colibri,

Le dictionnaire reste ouvert.

Sur la page délaissée,

Un mot,

Tempête.

INONDATION

La pluie cinglait les vitres avec une force telle que la peur prit possession de moi. Elle ne semblait pas faiblir du tout. Les éclairs, sans répits augmentait la sensation d’impuissance.

La pluie remplissait les fonds de terre. Pas facile de drainer tant l’eau tombait incessante et drue. La falaise perdait ses pierres, comme des sanglots,
échoués sur la rivière en contre bas des jardins.

Elle emplissait à présent toute la route. C’était comme si toutes les souffrances du monde laissaient enfin couler leurs larmes de désespoir, provocant des ecchymoses d’ondes trempées de pleurs.

Les égouts n’en pouvaient plus ! N’en voulaient plus ! Étouffée par cette fulgurante et catastrophique montée de l’eau, la ville s’inondait… La ville se noyait… Noyant la vie…

La solidarité s’activait pendant que la météo n’annonçait pas d’accalmie rapide, ni décrue bienvenue… Beaucoup allaient perdre leurs biens, leur vie.

La décrue serait la fin d’un cauchemar mais le début de nombreuses pertes et paperasses à répétitions. On ne maîtrise pas les éléments hélas… La ville perd pieds, la ville va sombrer, engloutie par des trombes d’eau dévastatrices. Catastrophe naturelle, entendrons nous alors dans les médias.

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Ghislaine Gruson

Hurricane

un lien a suivre pour accéder au weather channel spécifique : https://weather.com/storms/hurricane?_escaped_fragment_

 

Déluge de confettis dans le yaourt

Déluge de confettis dans le yaourtyaourt-chats-1-700x333

  • Epinards.
  • Salade.
  • Topinambours.
  • Rutabagas.
  • Sauce crevette.
  • Mange ton yaourt.
  • Bois ta tisane.
  • Lèche la cuillère.
  • On ne parle pas la bouche pleine.
  • Tu postillonnes.
  • Mais non, c’est la pluie.
  • De confettis?
  • Dans le yaourt.
  • Pluie diluvienne.
  • Déguisée en confiture.
  • ?
  • Carnaval.
  • ?
  • Surveille la cuisson.
  • Y’a rien qui cuit.
  • Justement.
  • Et ton yaourt?
  • Je l’ai fini. Et tes confitures?
  • Regarde, elles font des bulles.
  • Vapeurs sucrées, mon nez palpite.
  •   Normal, t’as senti une goutte.
  • Non, c’est mon odorat qui sent.
  • Et la pluie mouille ton nez, qui ne sent rien.
  • Et toi, tu vois avec tes oreilles?
  • Non, j’entends le déluge de mots.
  • Moi, je les écoute tomber.
  • Tu les regardes, aussi.
  • Quand tu seras prêt, tu me feras signe.
  • Mais je ne sais pas en quoi me déguiser.
  • En courant d’air.
  • C’est malin. Et si les portes claquent, je serai coincé.
  • Autant en emporte le vent.
  • Oui mais les cris restent.
  • Les écrits, tu veux dire.
  • Comment puis-je écrire, je suis le vent.
  • Et qu’es-tu en train de faire.
  • Moi, j’imagine qu’une bourrasque, un jour de Carnaval, entraîne des nuages de confettis, qui s’engouffrent dans la cheminée d’une yaourtière…
  • Je t’arrête, une yaourtière, ça n’a pas de cheminée.
  • Ah, bon, je croyais qu’une fabrique de yaourts ça s’appelait yaourtière; alors comment ça s’app…oh, et puis, c’est pas important.
  •  La confiture multi-fruits est prête. J’en ai mis dans ton yaourt. Tu peux le manger maintenant.

 

Merci à Barbara, ma prof de théâtre, dont le nom de sa compagnie « La Confiture Dans L’Yaourt »,  m’a inspiré ce texte.

 

L’Écritoire en Groupe-Facebook,

Je pense – je me trompe peut-être ? –  que si nous ouvrions un groupe Facebook, ( public ou privé, on verra, au choix )nous aurions plus de chances de communiquer, qu’en pensez-vous ?

Tout en conservant notre bureau ici : oui, ici, on écrit, on place nos idées, on garde nos textes, on corrige, etc.. Mais sur L’Écritoire Facebook, on correspond … hé ? allez, hop, je le fais- on verra bien..

Donc, je ne sais pas si vous avez tous et toutes un compte Facebook,  ni à quel nom votre compte Facebook est ouvert,  mais je reviens mettre le lien ici dès que c’est fait, aujourd’hui..

et VOILA  : L’ECRITOIRE Groupe facebook !

Beau temps sec et ensoleillé

Son vendeur de mari avait tant fait d’affaires,

Tant vendu ce jour-là des petits bouts de fer

Qu’il était d’venu millionaire,

Et l’avait amenée vers les cieux toujours bleus

des pays imbéciles, où jamais il ne pleut,

Où l’on ne sait rien du tonnerre…

/ G. Brassens: L’orage

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…  » Il n’avait pas plu depuis plusieurs semaines, et nous commencions tous à en ressentir une fatigue intense. Les chiens restaient endormis, affalés sur les dalles, les chats ronchonnaient de concert et se traînaient d’une piece ombreuse à l’autre, l’espérant plus fraîche, et les oiseaux n’en finissaient pas de piailler en désarroi.

Les animaux sont les premiers touchés par l’absence d’eau, et j’avais beau leur servir de larges rasades,  remplir plusieurs fois le bain heureusement  placé à l’ombre d’un grand parasol, et les asperger copieusement  sous le jet d’arrosage, mes animaux familiers me regardaient consternés et hautains. Leur regard m’assuraient qu’ils ne s’y laissaient pas prendre : ils voulaient de la pluie, une pluie bienheureuse, fraîche et douce et dense et voluptueuse ; de celle qui tombe du ciel et non d’un arrosoir.

Le ciel, au soir, se constellait d’étoiles, tournoyantes dans le bleu marine des nuits d’été. Au petit matin, quelques minutes avant le jour, la chaleur montait déjà du sol par bouffées lourdes, avec des senteurs de plantes sèches, des romarins grillés, des lavandes rôties, des feuilles de figuier torturées de soif.

Levée tot, et pieds nus sur les dalles où subsistaient quelque illusoire fraîcheur, j’allais ouvrir fenêtres et portes, espérant le courant d’air qui rafraîchirait la maison. Au cafe, au thé, à tout se qui se boit chaud et fumant je préférais le glaçon noyé dans le jus d’orange.

Heureusement, à mes pieds, il y avait la mer … « 

Elle se tait. Je sais qu’elle n’en dira pas plus. Le reste, je le reconstitue sans peine, en ramassant les fragments de ses récits, de tout ce qu’elle m’a raconté, cette vie insensée, cette existence de voyageuse, cette découverte d’autres horizons, loin, plus loin, encore plus loin, toujours plus loin sous le soleil d’abord ; dans le vent et la pluie, plus tard. Puis dans la neige, jusqu’à cette maison de bois, à l’orée du Canada.

– Et tu ne la regrettes pas un peu, la mer ?

– J’ai l’océan, dit-elle, ça remplace. Mais bien sûr, il n’y a pas la chaleur, l’eau est froide ici, et les parfums sont nuls. Nous irons cet après midi, si tu veux. Tiens, allume la télé, et voyons ce que dit la météo … »

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lmg / 19 août 2016

PLUIE

PLUIE AFFICHE

 

Pleuvra-t-il aujourd’hui?

Le dicton le dit.

Une goutte, sur mon nez, a atterri.

Il a bien plu, ici.

Et voila, c’est fini.

 

Affiche (Blanca Gomes)

NUAGES

Nuages

Les nuages n’ont pas de pays.

Ont-ils une âme?

A quoi ça pense un nuage,

Quand du soleil,il nous prive.

Sait-il que tout devient triste, obscur et sans espoir.

Les nuages n’ont pas de pays.

Ont-ils des envies?

Mélancolique, au-dessus du jardin,

S’effiloche une écharpe blanche.

Insaisissable, elle s’enfuit,

Laissant derrière elle trace fugitive et  regrets.

Les nuages n’ont pas de pays.

Savent-ils leurs destins?

Gris  cotonneux, noirs menaçants,

 Par le vent dispersés, ils s’éloignent,

De larmes glacées, transpercès,

Explosant, terrible et bruyant orage.

Les nuages n’ont pas de pays.

Ont-ils une mémoire?

Promenant leur solitude,

Naissent et meurent sans bruit,

Immobiles, parfois,

Jamais en repos.

Les nuages n’ont pas de pays.

Et malgré leur apparence de champs de coton,

Prenant tantôt figure animale,

Tantôt formes monstrueuses,

Au dessus de nos têtes, toujours s’amoncellent,

Pluie et beau temps perpétuant.

C’est quoi un nuage?