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Texte 21 / Absence présente

Absence présente

Pendant les plus beaux mois de cette année magique, tu avais prôné la tendresse, la transparence, l’authenticité.

Puis un gros orage noir avait obscurci ton ciel. Tu pensais qu’il fallait laver le ciel à grandes eaux, le débarrasser des scories qui enrayaient ta vie depuis trop longtemps, cesser de suivre le battement des essuie-glaces qui inlassablement part et revient.

Alors tu es parti sans même me faire un signe parce que moi aussi j’étais loin.

Le silence est devenu toi, vainement entrecoupé par mes questions fiévreuses. Les questions dans mon esprit inquiet assemblaient des cortèges de doutes. Je ne comprenais pas comme on ne comprend pas pourquoi un paysage redevient serein après le fouet de l’orage pour l’un et reste tourmenté pour l’autre. Les orages surtout s’ils sont vécus individuellement ne sont pas que des phénomènes chimiques. D’autres éléments viennent ronger leurs composants et le spectateur extérieur à du mal à leur donner le sens qui convient à leur rationalité.

Je suis restée empêtrée dans les lueurs chargées de ton orage. Cent fois, j’ai fait l’historique de ce qui avait précédé ce revirement.

Un jour, à force de compter les moutons qui peuplent les silences, j’ai ressenti une étrange sensation comme si un espoir nouveau était descendu m’habiter.

J’ai senti que ta distance convergeait vers la mienne tout en s’en éloignant.

J’ai cru voir jaillir un semblant de compréhension au fond de moi.

Quand je dis un semblant, c’est parce que dans ton silence, il n’y aurait jamais de certitude. Je me suis réveillée dissociée du fantôme de ton absence. J’ai compris que la distance t’était aussi indispensable que le silence. J’ai cessé d’imaginer que tu n’avais plus de tendresse.

J’ai senti que je pouvais t’aimer en cessant d’exister pour toi et même cette vérité apparemment cruelle avait fini de me faire mal.

Ton silence était devenu comme une présence qui attestait au-delà de l’apparence, d’un vécu relationnel intense mais qui ne se situait ni dans un passé embelli ni dans un futur hypothétique.

Il était là, juste présent …et cela devait suffire …

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