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J de J 5 / 4 – La vie douce 4

4

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Vie Douce 1

Vie douce 2

Vie douce 3

  

C’est une vie au jour le jour, une vie dont Marion ne perçoit pas la misère, n’en connaissant point d’autre pour établir des différences. Elle s’est accoutumée à son malheur (amertume ? )   sa dureté, sans lui donner un nom. Ses jours sont faits de travaux humbles, de gestes silencieux, de paroles furtives, en phrases courtes. Ses pensées voltigent, inachevées.

Elle n’a plus remis les chausses de Jehan ; elle n’a plus couru seule par les chemins ; elle n’a plus sifflé le grand chien roux. Elle se garde de tout ce qui pourrait amener chez l’homme le froncement de sourcils, la mine sévère, la parole dure. Elle a vite compris que pour conserver une certaine douceur de vivre il lui faut (fallait ?) aller plus loin que l’obéissance, plus loin qu’elle-même. Elle s’y résout avec patience.

Cependant lui arrivent des éclairs de vie, des pensées étrangères à ce qu’elle connait ou croit connaitre ;  des images fantastiques, fugitives, qui disparaissent aussi vite qu‘elles apparaissent. L’une s’impose comme un souvenir, un petit objet rouge, brillant, qu’elle possédait. Un boîtier, plat. Le contact de cette boite dans sa main. Son attiédissement au contact de son oreille. Car la petite boite parle. La petite boite pleure, se lamente (1). Il y a des voix qui en sortent, inaudibles encore. Marion se tait, elle attend, elle écoute un silence fait de milles certitudes. Puis elle oublie la boite rouge, jusqu’à la nuit suivante, jusqu’à l’après midi de solitude, lorsqu’elle garde les moutons en plein champs. Lorsque ses pensées l’emmènent plus loin qu’elle-même et qu’elle essaie maladroitement de se raccrocher à des lambeaux de mémoire. 

Elle ne parle à personne de ces images : elle a déjà assez mauvaise réputation(pour quelles raisons ?) ( oui, il faut expliquer , c’est confus. – à revoir), elle et ses cheveux courts, que Jehan lui impose de cacher sous la coiffe bien serrée. Elle a appris à se taire, à baisser les yeux, à ne faire que les gestes permis, ne dire que les mots indispensables. Jehann est le centre de sa vie, son seul point d’attache. Elle ne fera rien pour se détacher de cette ancre, de ce point de clarté. Sa seule raison de vivre. Loin de lui, tout et le pire lui arriveront. Loin de lui, c’en sera fait de la tendresse des nuits.

* * * 

Au soir d’un jour plus rude que les autres, à l’heure des baisers et des caresses, lorsqu’ils se retrouvent tous deux derrière les rideaux de leur lit clos, il lui donne en souriant gauchement le trésor du jour, trouvé dans le lit de la rivière, sous les ajoncs : une pierre ronde et violette, lisse et soyeuse, sans défaut comme sans valeur.  Elle sourit et la garde dans sa main fermée après l’avoir portée à ses lèvres. Et s’endort heureuse, confiante, sans savoir ni pourquoi, ni en qui.

* * *

 (suite et fin)

Lise / janvier 2013

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(1) les repetitions sont voulues, mais  sont-elles nécessaires ? n’alourdissent-elles pas l’ensemble ? c’est donc a revoir, merci les pates roses .

Les répétitions pas de problèmes, ce qui me dérange, c’est la notion de boîte, cela semble vide, léger, creux. Le boîtier sonne plus « compact ». C’est subjectif of course.

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