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ECRIRE ENSEMBLE AVRIL 3 : Je t’aime à tout jamais

ecrirtoire avril mr de k

Je pense à toi.

Je revois ta nuisette rose en nylon froissé, tes cheveux qui pendent des deux côtés de ton visage penché vers le bol de café. Par la fenêtre, la banlieue grisaille dans un petit matin de coton. À la radio : l’horoscope « Une belle histoire d’amour s’ouvrira à vous si vous savez vous ouvrir aux autres ».

Si je sais m’ouvrir aux autres… Un des multiples noeuds du problème… Pourtant, j’ai forcément su, sinon je n’aurais pas fait ta connaissance. Je m’en souviens comme si c’était hier alors que les années peuvent désormais se compter en dizaines. Il ne faisait pas beau mais ton sourire remplaçait le soleil et tes yeux avaient le bleu qui manquait au ciel ce jour-là. Je ne pouvais décrocher mon regard de ta silhouette déjà si frêle. Tu semblais être un aimant vers lequel j’étais irrémédiablement attiré. Et pourtant, tu ne me remarquais pas, anonyme parmi la foule des invités au vernissage de cette exposition où pour la première fois tu osais montrer ton oeuvre publiquement.

Mais qu’est-ce qui m’arrive aujourd’hui ? Depuis le temps que nous vivons ensemble, je ne la remarque même plus cette nuisette. Nous cohabitons par habitude, chacun dans sa routine, dans sa bulle, à peine conscient de l’autre.

Pas indifférents pour autant, à preuve le sang d’encre que je me suis fait et l’empressement que j’ai mis à t’aider à te rétablir lorsque tu as fait cette quasi péritonite. Non juste distraits, l’attention ailleurs, en mode écran de veille. Comment m’expliquer cette soudaine sensibilité, ce surprenant élan d’affection  pour toi ce matin ?

J’en viens presque à croire que tu es l’auteure de ce graffiti pour me ranimer, ou que tu as écrit ce fameux horoscope  « une belle histoire d’amour…si vous savez vous ouvrir aux autres ! «

Oui, dans nos vies il y en a eu des ouvertures sur nos ciels étoilés, ton premier regard vers moi qui ne suis pas une œuvre d’art, ton premier regard étonné qu’un quidam vienne t’apostropher au milieu d’une foule qui ne s’était déplacée que pour toi. Parce que des amis, tu en avais plus que des admirateurs. A l’époque, tu étais de toutes les parties, de toutes les expos, de toutes les performances qu’on n’appelait pas encore comme cela. Cela crée des liens, si pas d’amitié, de connivence…
Je t’ai simplement dit : « Vous ne ressemblez pas du tout à vos œuvres ». Et nul même pas moi n’aurait pu dire exactement ce que cela signifiait. Je ne sais quel démon m’a poussé à dire une telle phrase provocante, je ne regardais que ta silhouette frêle gainée dans un fourreau mauve particulièrement décolleté, cette silhouette que j’aurais voulu toucher par n’importe quel moyen. Il fallait te faire réagir, c’était mon unique obsession de l’instant…

Idiot ! Sous le glacis de tes prunelles, je devinais que tu  le pensais. Tu semblais plus amusée qu’étonnée. En effet, comment aurais-tu pu ressembler à tes œuvres ? Mais ta répartie : –« Ah, pourquoi » ? fut le catalyseur. Grâce à cette réplique, tu balançais une clef au bout d’une chaînette et j’imaginais que ce n’était pas par inadvertance. Le cercle de tes amis et connaissances s’était formé autour de nous.  Tu répondais à tous qui te félicitaient pour le cheminement de tes œuvres. Mais bien que tes formules ne me fussent pas destinées, je sentais confusément que le timbre changeant de ta voix cherchait une résonance à la surface de mes tympans. Des petites bulles pétillaient dans nos verres et sur tes dents nacrées quand tu souriais. 

                “ … Je pense à toi. Je t’aime à tout jamais … “

Le commissaire Malfant replie la lettre d’un air songeur et la tend à la vieille dame :

– Merci, Madame Bille. Ceci nous prouve qu’il l’aimait, qu’ils se sont rencontrés, qu’ilsavaient vécu ensemble assez longtemps…

– Et oui, Monsieur le Commissaire : cette nuisette rose, la robe mauve …

– Et vous les avez vus pour la première fois  le mois dernier ?

– Je l’ai vu, lui. Seul.

Malfant et Madame Bille sont  sur le balcon de l’étage supérieur. Par delà la cime des arbres, le commissaire fixe un mur blanc, qui borde l’autoroute, à quelques cent cinquante mètres de la maison. 

– C’était un soir, entre chien et loup, reprend madame Bille. J’ai vu une silhouette dans le no mans ‘land : il s’y passe des choses, vous savez. Donc, j’ai regardé avec mes jumelles de théâtre, et j’ai vu cet homme, gracile, menu : je dis un homme, mais ce pouvait aussi bien être une femme.

– Décrivez, dit Malfant sobrement, d’en ton sans réplique.

– Pantalons noirs,  sweater avec capuche relevée…

– Son visage ?

– Pas vu, et j’étais fascinée par ce qu’il faisait. Il a formé des lettres sur le mur, en noir, très lisibles  “ Je t’aime à tout …”

  Puis il s’est arrêté. Je me souviens que j’ai pensé : “ A tout quoi ? A tout prendre ? A tout perdre ? A tout casser ? A tout vent ? “

Je me réveille en sursaut avec une boule dans la gorge.

Bien sûr qu’il n’existe pas de brigade criminelle des amours perdues ! Sinon peut-être serais-je en prison…

Ce graffiti qui s’étalait sous nos fenêtres « je t’aime à tout jamais » avait été raturé ce matin-là. Alors que je te regardais lamper ton café à petites gorgées, dans ta nuisette rose de nylon froissé, je pensais en moi-même : quel être inconstant et volage peut crier son amour à la face du monde et revenir sur ses promesses quelques jours après ? Moi je l’aimerai à tout jamais cette jolie fille qui partage ma vie aujourd’hui. À tout jamais !

Ce rêve étrange et dérangeant que je viens de faire me fait prendre conscience que j’étais sur le point de raturer mon « à tout jamais ». Il faut que je réagisse ! Ce matin je pose une semaine de congés et je t’emmène voir le marché aux fleurs à Rome !

 

___________

Texte lancé le 13 avril par Madame de K, sur une illustration de Monsieur de K.  Participation de Ma’, Marie-Ange, Saravati, Jal  et Lise…

38 Commentaires Poster un commentaire
  1. ET hop, nous voici déjà au debut de notre histoire d’amour, de nore histoire a plusieurs coeurs – de notre concert à mains multiples et je vous le dis, les deux premiers textes , pour être des essais, frisent la perfection.
    Alors, ce matin, M’ame de K nous ouvre les portes de l’aaaaaaaaaaaamour-touououjououourrrrs sur une photo prise par Monsieur de K. : laisser partir votre imagination, ne vous freinez pas, on est là pour s’amuser et faire travailler nos neurones en même temps. D’une pierre deux coups.

    Ma’, tu prends la suite ? (si tu as le temps )

    Sinon, on passe à MarieAnge, ou à Saravati.

    Jaleph est en mer quelque part du coté de Belle-Ile-enMer et y’a tempête, il l’a fait exprès pour nous faire peur, lui pardonnerons-nous ?

    13 avril 2013
  2. J’aime bien ces histoires qui commencent de façon concise et donne pleinement liberté aux mots de partir tous azumuts. Et pis, j’aime les histoires d’amour … Je vais voir si j’ai quelque chose en stock 🙂

    13 avril 2013
    • Lise #

      ahh nous sommes incorrigiblement romantiques, ma Sara ! moi aussi, ce début : l’histoire et la photo m’emballent. J’attends mon tour en rongeant mon frein -( quel frein, quel frein ??? qui a l’audace de me freiner, lol ???)

      Si tu es inspirée ou incitée, tu peux mettre ton paragraphe en commentaire et je le rajouterai dans le EE/3

      13 avril 2013
  3. madamedekeravel #

    à vos claviers ! étonnez-moi 😉

    13 avril 2013
  4. Ma' #

    Je regarde ça demain.. pas eu une minute aujourd’hui !

    13 avril 2013
  5. Marie Ange #

    Moi aussi ce début m’inspire, les idées se bousculent au portillon, vivement mon tour !

    13 avril 2013
    • Lise #

      Je SAVAIS que tu aimerais ce texte aussi ! Et je me souviens parfaitement d’ecritures-ensemble (s) ( hi hi ) dans lesquelles tu excellais, mon amie, il y a .. heu ??/ quoi ? 10, 12 ans ?
      Comme quoi ecriture ensemble un jour, ecriture ensemble toujours ! Oui, je sais, c’est facile, mais, hé ? Tu as vu le tour de rôle, Marie Ange ?

      13 avril 2013
      • Marie Ange #

        Oui après MA, c’est bien ça ?

        Moi je suis occupée à restaurer une vieille chaise berçante pour une amie française qui s’est fait construire une maison en rondin dans les Laurentides. Pourvu qu’elle ne me demande pas de lui dégotter un panache d’orignal ;-)))

        13 avril 2013
  6. Oui, apres Ma’, donc ! tu peux commencer d’ecrire au brouillon.

    Ahhh je te retrouve bien là ! un panache r’orignal, ce serait bien dnas une maison en rondin – et laaa chaise berçante, elle est en quoi ? J’en ai une quelque part, dans un grenier, je devrais la retrouver – et la vendre ou la donner. Il y a maintenant plusieurs années que je ne restaure plus de meubles, j’ai presque fini de restaurer la maison blanche, et je passe le plus clair de mon temps à écrire, mon dada, tu sais .

    14 avril 2013
    • Marie Ange #

      C’est une chaise pressback en érable qui doit dater des années 1920 probablement, je refais des barreaux et un berceau. Sinon j’attends la chaleur pour recommencer à jouer dehors.

      14 avril 2013
  7. Et hop, foin de bavardages, Marie-Ange, C’est ton tour !!
    merci, Ma’, pour le relais, je vois déjà une nouvelle direction s’amorcer grâce à ce vernissage …

    14 avril 2013
    • Marie Ange #

      Voici ma ponte , pas de vernissage en vue ;-)))

      Mais qu’est-ce qui m’arrive aujourd’hui ?

      Depuis le temps que nous vivons ensemble, je ne la remarque même plus cette nuisette. Nous cohabitons par habitude, chacun dans sa routine, dans sa bulle, à peine conscient de l’autre.

      Pas indifférents pour autant, à preuve le sang d’encre que je me suis fait et l’empressement que j’ai mis à t’aider à te rétablir lorsque tu as fait cette quasi péritonite.

      Non juste distraits, l’attention ailleurs, en mode écran de veille.

      Comment m’expliquer cette soudaine sensibilité, ce surprenant élan d’affection pour toi ce matin ?

      J’en viens presque à croire que tu es l’auteure de ce graffiti pour me ranimer, ou que tu as écrit ce fameux horoscope « une belle histoire d’amour…si vous savez vous ouvrir aux autres ! « 

      14 avril 2013
  8. Bravo et merci, Gis : vouiiii nous voici donc toujours avec la nuisette, avec le vernissage , et même avec une peritonite (presque) – et tu es la première a parler du graffiti , hi hi !
    Donc, le tour à Saravati si tu es inspirée, mon amie de Belgique ? ou bien à Jal, si tu es remis de ses émotions navigantes ?

    15 avril 2013
  9. Laisse-moi quelques heures pour voir si j’entre dans le texte 🙂

    16 avril 2013
    • Lise #

      OK, pas de problème, on a encore 24 heures avant demain soir, et je prendrai le relais ensuite. A moins que Jal soit revenu d’ici là.
      Nous sommes tous ici sous le coup de ce qui s’est passé hier à Boston, je dois avouer que je n’ai pas tellement le coeur à écrire – ou alors, ce serait sous l’emprise de la colère et dans ces cas là, il n’en sort jamais rien de bon.

      16 avril 2013
      • madamedekeravel #

        prends le temps de digérer l’événement Lise ! on n’est pas pressés !

        17 avril 2013
  10. Oui, Lise, voilà que le grand démon du terrorisme pointe le bout de son nez. J’imagine l’émoi de la population qui recommence à avoir peur.

    Je t’envoie mon texte :

    Oui, dans nos vies il y en a eu des ouvertures sur nos ciels étoilés, ton premier regard vers moi qui ne suis pas une œuvre d’art, ton premier regard étonné qu’un quidam vienne t’apostropher au milieu d’une foule qui ne s’était déplacée que pour toi. Parce que des amis, tu en avais plus que des admirateurs. A l’époque, tu étais de toutes les parties, de toutes les expos, de toutes les performances qu’on n’appelait pas encore comme cela. Cela crée des liens, si pas d’amitié, de connivence…
    Je t’ai simplement dit : « Vous ne ressemblez pas du tout à vos œuvres ». Et nul même pas moi n’aurait pu dire exactement ce que cela signifiait. Je ne sais quel démon m’a poussé à dire une telle phrase provocante, je ne regardais que ta silhouette frêle gainée dans un fourreau mauve particulièrement décolleté, cette silhouette que j’aurais voulu toucher par n’importe quel moyen. Il fallait te faire réagir, c’était mon unique obsession de l’instant…

    17 avril 2013
  11. Lise #

    ah mais voilà une autre tournure – et un fourreau mauve, Valentine ! Merci, Saravati – je poste en rose fushia, ca te va ?

    17 avril 2013
  12. Hello tooots depuis Belle Ile en Mer. J’ai trouvé une ‘tite parenthèse de wifi; j’y enfonce mon paquet de mots. Lise, merci de le reporter si mon tour n’est pas attendu.

    18 avril 2013
  13. Lise #

    Mais combien de temps i va rester sur son île, not’ marin ? En tous cas, merci pour ton paquet de mots, au lieu d’embruns : je reprends la suite avant ce soir, et puis ce sera au tour de Madame de K de decider si elle conclut ou si elle desire un tour de plus.

    18 avril 2013
  14. Hey Jaleph, merci de suspendre le roulis pour nous envoyer des boulées de mots frais !
    Une remarque : jusqu’à présent le narrateur tutoyait sa dulcinée, et voilà que tu passes du tu au vous …Je ne vois pas l’intérêt de prendre ainsi la distance 🙂

    18 avril 2013
    • Oufti, une sévère correction s’impose. C’était au pied levé afin d’effectuer le premier pas de randonnée. Divine promenade plein soleil entre le Palais et Sauzon, entre ajoncs et à-pics.

      18 avril 2013
      • Lise #

        Y’en a qui vont avoir des TAS de choses à nous raconter au retour …

        19 avril 2013
        • Lise #

          … et les photos !!!

          19 avril 2013
  15. Lise #

    248 mots – et j’en ai ratiboisé une bonne centaine : Madame de K decidera si elle veut continuer un second tour ou terminer … A toi, ma grande !

    19 avril 2013
  16. madamedekeravel #

    ah mais revoilà le commissaire Malfant ! Mais comment vais-je pouvoir débrouiller cette histoire ?… 😉

    19 avril 2013
  17. Lise #

    hé hé je ne me fais aucun soucis pour cela, connaissant ton imagination ( bisous !) ! j;e me suis bien amusée à faire revenir Malfant dans ce texte et ajouter Miss Marble – heu .. madame Bille …
    Exercice de haute voltige imaginative, on va les appeler, ces textes-ensemble ??

    19 avril 2013
  18. Marie Ange #

    Lise je t’adore, toujours aussi imprévisible ma toi ! C’est ce qui me plait dans ce genre d’écrit, la * haute voltige intellectuelle comme tu dis * !

    19 avril 2013
  19. Lise #

    J’adore que tu me dises que tu m’adores !!

    Je me suis bien amusée à aller pécher Malfant sur le texte-ensemble précédent .. et de donner le jour à M’ame Bille. Surtout que, connaissant le goùt du jeu de nos partenaires en écriture, j’ai l’impression que ce « Je t’aime …  » va nous mener …  » à tout jamais  » !

    19 avril 2013
  20. Lise #

    c’est un texte avec une douzaine de mains … On est LES MEILLEURS !

    19 avril 2013
  21. saravati #

    Quelques invraisemblances à corriger : dans la partie « Depuis le temps que nous vivons ensemble, je ne la remarque même plus cette nuisette. Nous cohabitons par habitude, chacun dans sa routine, dans sa bulle, à peine conscient de l’autre….ton texte qui fazit intervenir l’inspecteur dit : « Ceci nous prouve qu’il l’aimait, qu’ils se sont rencontrés, qu’ils s’étaient parlé » ce qui parait inutile à dire s’il s’agissait d’un vieux ! couple.
    Si on veut retomber dans le style enquête, il faudra changer des éléments dans les textes précédents.
    Pardonne-moi si je suis une incorrigible rationnelle 🙂
    …à moins que madame Bille soit en fait la jeune femme du début …

    19 avril 2013
  22. Lise #

    ah ah , on va t’appeler Sara-Oeil-de-Lynx ! tu as raison, je vais corriger mon texte.

    19 avril 2013
  23. Lise #

    Corrigé deux trois mots, et voilà

    19 avril 2013
  24. je réfléchis… je vais pas tarder… 😉

    20 avril 2013
  25. Lise #

    Bravo Madame de K pour cette conclusion qui raccroche tous les wagons, tout en restant dans l’idée première du texte. Et maintenant, tu passes le flambeau à MA’ pour le lancement du quatrieme texte-ensemble d’Avril – si MA a une idée, et le temps.

    Et je passe « Je t’aime » au noir…

    22 avril 2013
  26. Ma' #

    J’aime bien la conclusion aussi !
    Je lance un nouveau texte d’ici 48 heures maxi, j’ai quelques idées en tête… reste à ne pas les laisser filer !

    22 avril 2013
  27. Moi aussi j’aime beaucoup la conclusion, et maintenant j’attends le lancement du quatrieme texte-ensemble ! Vas-y, MA ‘

    Catastrophe, j’ai perdu les codes pour entrer sur le blog, me voici donc en anonyme, mais je vais travailler WP pour qu’il me rende les clés !!!

    23 avril 2013
    • Lise #

      ah finalement, j’ai retrouve mon password, me revoici !

      23 avril 2013

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