Pour Ecrire, il faut OSER, et c’est tout.
Bon, il y faut aussi un certain talent, évidemment. Mais je te parle là, à toi qui a déjà fait la preuve que ce talent, tu le possèdes. Même s’il n’est pas (encore) reconnu.
Il est un peu court de dire que dans les pays francophones en général on écrit comme on chante ou danse sous d’autres soleils. Un peu court aussi d’expliquer que la Cour des Comtes de Toulouse était déjà reconnue pour l’élégance de son parler et pour la poésie de ses troubadours alors que les rois fainéants en étaient seulement à l’heure du char à banc ; et je n’ai rien contre les chars à banc
Cependant j’aime jouer avec ce rêve : nous, francophones, aurions l’écriture innée, la poésie facile, le chant au bord des dents. Les mots, nous les aimons, c’est simple : et ils nous aiment. Donc, pour le talent, je suis tranquille, nous l’avons.
Mais, dirait Valérie Lamesch avec forte raison, être talentueux n’est rien si tu n’utilises pas ton talent. J’applaudis, car j’ai connu un homme qui faisait merveille avec pinceaux et couleurs et toiles. Cependant, il était tenu, ou plutôt retenu, par deux choses
1 ) le temps, car, ayant métier et famille, il avait peu d’heures à consacrer à son chevalet.
2 ) le qu’en dira-t-on, qui paralysait sa main : il n’a peint que ce qui lui semblait ne pas encourir de reproches, des paysages, des monuments, des arbres, des maisons. Alors qu’il rêvait de fulgurances et que quelques dessins peuvent donner une idée de ce qu’il aurait voulu faire, si …
J’ai fait, de cette retenue paternelle, ma pierre angulaire en la prenant à rebrousse poil. Rien ne me retient. J’en dois grâces et mercis a une bande de loulouttes qui m’ont, il y a plusieurs années, piétinée sans merci dans le but de m’écraser, sans savoir que le résultat serait diamétralement oppose à leur souhaits : car je suis ainsi faite que l’obstacle décuple mon énergie. Revancharde aussi, et positive, chaque fois que me reviennent certains flash venimeux, ils se transforment par magie en nouveaux projets.
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Ecrire, c’est donner ce qui est à l’intérieur de soi, sans aucune restriction.
Attention : pas facile lorsqu’on prétend écrire sur la toile et en public, comme nous ici. Encore moins facile lorsqu’on décide de quitter l’anonymat. ( question subsidiaire : qui va décider de quitter l’anonymat, aujourd’hui samedi 10 août, mouhahaha ! ?)
De plus en plus difficile si tu te laisses aller à penser que tel ou tel regard ( mauvais) se posera sur tes mots sans défense. Mais c’est à l’aune de ta décision que se mesurera la valeur de ton écriture, de ce que tu donnes en partage. De la vérité de ce que tu écris, De la sincérité de ton approche en écriture.
C’est là le vrai courage de l’écrivain, et ceci lui sera compté.
Écris donc, bon sang, et carapace-toi d’indifférence. L’important, c’est ce qui va sortir de toi. Rainer Maria Rilke conseillait : » Ecrivez sans penser à personne d’autre que vous-même. »
OSE !