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Mémoire de Soye

C’est une maison verte et grise, adossée à la colline de Soye, une réplique de ce qui fut appelé les baraques. Aujourd’hui petit musée témoin, elle demeure l’exemple de ce qui abrita des milliers de familles après la grande guerre.

Une deuxième maison de bois est aujourd’hui en cours d’achèvement. Son ossature a été retrouvée dans un dépôt et remontée sur pied.

 

En 1945, les familles avaient dû fuir la ville. Trop de résistance de l’ennemi devant l’avancée alliée, trop d’engins explosifs vomis dans le ciel celte.

Les avions alliés tentèrent de détruire les hangars de protection des sous-marins allemands. Ils régurgitaient leur trop plein, des paquets de bombes, quelquefois de plusieurs tonnes chacune. Sans effet sur des couches de béton de quatre mètres d’épaisseur. Il fallait à tout prix gagner en délogeant l’ennemi, maître sous l’eau avec leurs sous-marins, ancrés et protégés dans le port.

Le béton résista mais devant l’avancée alliée, l’ennemi dû se disperser dans la ville. Pour le déloger, la cité fut bombardée à son tour.

 

En hâte, les mamans, les papas qui restaient, quittèrent leurs demeures, leurs enfants en remorque ou dans les bras. Ils s’éloignèrent de la ville qui implosait.

Ils durent réapprendre à vivre. S’estimer heureux d’être en vie. Tous n’y arrivèrent pas.

Des centaines de cabanes en bois furent érigées, Ces centaines de familles s’organisèrent en attendant mieux. La colline se mua en village avec ses épiceries et cafés. Cela dura longtemps. Jusqu’aux jours des années quatre-vingts où la ville de Lorient décida de reloger tous ces gens dans quelques nouveaux immeubles tours.

Chacun n’y trouva pas toujours son aise. Imaginons, malgré l’inconfort et le risque permanent d’incendie dans ces baraques de bois, les habitudes de vie étaient prises. Ceux qui y étaient nés après la guerre étaient eux même devenus parents, parfois même grands-parents; ils y élevaient leurs enfants. Se reloger dans ces nouveaux immeubles de béton fut insupportable pour certains.

 

Quand je me promène sur la colline boisée qui domine l’étang du Ter qui se jette dans l’océan, je vois sous mes paupières des enfants maintenant devenus des femmes et des hommes, qui ont vécu ici en grande précarité, mais avec la solidarité de la renaissance.

Ce furent les cités de l’urgence, où les barrières sociales se volatilisèrent, tous logés à la même enseigne, allez hop, et pas d’histoire.

Je me ballade avec notre chienne Pixel, qui soit dit en passant sur ses pattes, s’en fout comme de l’an quarante, quel toupet, et j’enfonce mes semelle dans l’humus foulé par ces enfants et leurs familles, et par tous les soldats du monde qui obéirent aux ordres.

Parce qu’ironie du sort la colline de Soye à la chevelure de chênes est encore et toujours truffée de galeries, de salles souterraines et de blockhaus avec vue imprenable sur la vallée.

Dans leur transhumance, les lorientais qui avaient dû fuir le pilonnage aérien allié, se retrouvèrent logés par-dessus les galeries du sous-sol que l’envahisseur avait dû quitter en fuyant comme des lapins traqués par les chasseurs.

Quatre quartiers à la périphérie de la ville de Lorient furent ainsi destinés à recevoir quelques centaines de baraques en bois pour abriter plus de 15.000 personnes.

Oui, pour l’Histoire aujourd’hui relatée, ce fut le temps des baraques.

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Quant à ville de Lorient, peu d’immeubles d’avant-guerre sont restés debout. Elle n’a pratiquement gardé d’ancien que son nom, qu’elle emprunta au premier bateau à voile monté dans le nouveau chantier naval qui devait répondre au développement de la « Compagnie des Indes »

Ce bateau se nommait Le Soleil d’Orient, et nombreux furent les habitants qui au 17ème siècle, allaient voir l’avancement de la construction de « L’Orient », donnant ainsi peu à peu son nom à la ville naissante.

2 Commentaires Poster un commentaire
  1. lise #

    Oui, c’est bien celui-ci que j’avais en tète, sauf qu’il faudrait encore le remanier pour faire parler Soye ? est-ce possible ? le mettre à la premiere personne du singulier ? ajouter ou retrancher des passages ?

    6 octobre 2013
  2. lise #

    j’essaie ? oui, j’essaie … tu me diras si ça va

    6 octobre 2013

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