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Sur les traces de George Sand

 Il y a quelques années, le temps d’un week end,avec l’atelier Talents, nous sommes partis dans le Berry « Sur les traces de George Sand ».

Je raconte la recherche de la MARE au DIABLE.SAND

Cette hécatombe de lucanes cerfs volants m’a inspiré,  le texte suivant:

S comme SandSAND petite fille1gs_ptte

 Aurore, hors d’haleine, grimpe quatre à quatre les marches du château, traverse le hall d’une traite, ouvre une porte à toute volée.

La cuisinière, en train de préparer un cent d’escargots, lève la tête, soulagée :
« Où étais-tu?Ta grand-mère se fait un sang d’encre ! Elle t’attend depuis des heures. »
Aurore, reprenant ses esprits, explique : « J’avais pêché un sandre, et je décrochais l’hameçon quand une bête a surgi de la mare, comme un diable ; une grosse bête noire avec des cornes pointues, des ailes immenses. Cela faisait un bruit énorme, ses cornes claquaient l’une contre l’autre. Alors j’ai couru, j’avais peur. »
« Mais par où es-tu passée ? Tes vêtements sont sans dessus dessous. »
Les ronces ont déchiré sa jupe, giflé ses joues, accroché sa coiffe et dénoué ses boucles brunes.
« Je voudrais bien mettre des pantalons, comme cela je pourrais courir plus vite ; et passer facilement entre les buissons. Germain et François, eux, n’ont pas été empêchés par les ronces. »
Pendant qu’elle raconte, une fille de cuisine est allée prévenir la grand-mère.
« Sans doute avez-vous raison, mademoiselle. »
Sa grand-mère est là, qui la serre en riant dans ses bras.
« Et bien Aurore, en voilà une jolie tenue. Il vaut mieux ne pas s’endimancher pour aller courir les bois. »
« Mais, grand-mère, je…
« Oui je sais, allez, va vite te changer. Nous t’attendons pour dîner. »
Aurore traverse le hall, sautant, comme pour le jeu de la marelle sur le carrelage à gros carreaux noirs et blancs. Ses sandales laissent des traces humides.
Pendant le dîner, sa grand-mère buvant un vin noir, épais, Aurore lui demande :
« Grand-mère, quand est-ce que je pourrais boire de ce vin ? Tu m’as bien dit qu’ on l’appelle sang de taureau. Quel drôle de nom !»
« Quand tu seras plus grande. Tu feras beaucoup de choses quand tu seras grande. » »
« C’est dommage que je n’en ai pas bu, quand la bête est sortie de l’eau. »
« De quelle bête parles-tu ? »
Aurore lui explique. Alors sa grand-mère lui montre des gravures d’insectes et Aurore reconnaît son agresseur ; c’est un lucane.

SANDLucane-cerf-volant-1

Une histoire simple

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Une histoire simple

Elle parlait avec trop d’emphase.
Il prenait la vie avec enthousiasme.
Son entourage était lassé de son verbiage.
On enviait sa joie de vivre, communicative.
Elle aimait les longues phrases.
Il allait droit au but.
On s’ennuyait à l’écouter.
On n’arrivait pas toujours à le suivre.
Tous deux, étaient plongés dans leurs pensées.
Elle rêvait à un grand avenir.
Lui de plaisirs simples.
Se rencontrèrent de façon abrupte.
Monsieur, il aurait été souhaitable que vous anticipassiez cette rencontre, afin que je ne me trouvasse pas dans cette situation, que je trouve fort désagréable et de surcroît apparaissant tout à fait incalculée, inopportune et dérangeante.
Oh, la jolie rencontre !
Monsieur, c’est…tout, tout, ce, ce que vous, v…bafouilla la demoiselle.
Mademoiselle, permettez-moi de féliciter l’heureux hasard qui a fait que nos chemins aient pris un sens si merveilleusement identique pour la grande joie et bonne humeur que je pensais avoir déjà connues.
Quel discours, pour un tout petit heurt !
Qui est déjà gravé dans mon cœur !
Jamais je ne me suis sentie aussi heureuse !
N’avez-vous jamais été amoureuse ?

Ainsi bras dessus, bras dessous, partirent-ils ensemble.
Leurs pensées et phrases s’accordaient si bien.
Elle Phase, lui Thousiasme.
Les voyant si bien assortis, si complémentaires, les amis les nommèrent Les Two Phiasmes.
Aujourd’hui, à l’endroit même de leur rencontre, se trouve une statue.
Le temps a effacé quelque peu  leur nom.
Les promeneurs peuvent lire alors : o Phasmes.

En vacances jusqu’à 1er août

C’est peu comparé aux grandes vacances européennes, mais je tiens à le signaler, car jeudi prochain, donc, quand je reviendrai, je lancerai un autre titre, celui d’août.

Quant à l’écriture ensemble, attendons patiemment la rentrée de septembre.

Bon bronzage et toutes cette sorte de chose…  ( j’ai ressorti Daninos et son major.)

A Jeudi ici – mais je suis toujours sur Facebook, même en vacances.

 

Titre de juillet 5 / Phasmagorie, par LeR@miou

Je suis un homme à phasme.

Non, ne rigolez pas.

Je dois être pour eux un fantasme,

Là, jen ai plein les bras.

Du matin jusquau soir

Ou du soir au matin,

Ils font mon désespoir

En marpentant sans fin.

Je les sens gratouiller,

Sans la moindre excuse,

Ma peau toute craquelée

Sur laquelle le vent fuse.

Se confondent aux ramures

Et les distingue si peu moi-même,

Perdus dans ma parure

Jusquaux pointes les plus extrêmes.

Mais quelle idée leur a pris

De me coloniser

A ces brins sans abris ?

Jen suis tout maculé.

Vous qui passez sans les voir

Au milieu de tout ce marasme,

De mon écorce ils sont le miroir,

Et leurs mouvements déclenchent mes spasmes.

Imperceptibles au premier coup dœil,

Ils menvahissent coûte que coûte,

Comme échoués sur un écueil,

Accrochés à ma croûte.

Je ne suis quun vieux chêne

Aux siècles ébouriffés

Et quand ils se déchaînent,

Je bouge sans avancer.

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:oj LeR@miou

 

titre de Juillet 4 / Délire de criquet et d’arbre en ciel

On s’allongeait sur le dos, le regard passait à travers les branches et les feuilles. On s’allégeait, on se raidissait et on devenait insectes.

On regardait toujours plus haut jusqu’à toucher  là-bas, le plus loin possible, le ciel

Un ciel bleu parfaitement  calme et lisse, immobile, sans un nuage ; un ciel étalé en dôme sur la terre, juste au dessus de nous,

Il suffisait alors de penser que nous étions seuls  sur ce truc rond, sphère  immense flottante dans un nulle part très bleu

Très bleu et vide. Un vide bleu immense et froid.

On reprenait pied en sentant l’humidité au pied de cet arbre, et l’odeur de terre, d’humus, d’écorce. Bientôt on était remplis de l’odeur de la terre, les yeux complètement peints en bleu du ciel et on commençait à se remplir de vide.

Le vide prenait l’odeur de la terre avec couleur bleue du ciel jusqu’au moment ou l’odeur devenait bleue a son tour

Alors c’était l’allégeance et on s’éloignait de la terre en voltigeant d’abord autour du tronc au ras de l’herbe. Puis on montait vers les branches. Il fallait bien ajuster le regard pour passer  exactement entre les feuilles sans les froisser.

Quand on arrivait en haut de l’arbre le grand ciel bleu vide nous enveloppait de tendresse.

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lmg

c’est l’été, les vacances

Chance ou pas, soleil ou pluie, les vacances c’est les vacances et point c’est tout.

Farniente bienheureux, siestes et hamacs pour les uns. Pour d’autres, enfin du temps libre pour faire ce qu’on veut.

Pour tous, la rentrée au bout du mois d’aout,

BONNES VACANCES à tous, LECTEURS ET AUTEURS

Anastasia, par Jacou

Texte déménagé sur le blog  co-ecriture

Ecrire ensemble, continue … là

co ecriture cafe

Ecrire-ensemble, rebaptisé CO-ECRITURE, continue ici

Un lien est placé pour faciliter la navigation d’un blog à l’autre, dans la marge

On s’organise ! Ce nouveau blog est consacré uniquement à l’écriture en collaboration, l’écriture à plusieurs, les mots mélangés, les textes en groupe. Une équipe d’auteurs, des textes  en ribambelle. Un blog fermé ouvert à tous.

A deux, trois quatre ou douze, écrire ensemble : c’est stimulant.

 

Ecrire-ensemble est terminé… ici

ecritoire demenagementJe suis têtue, c’est le moins qu’on puisse dire. Cependant, le bon coté de l’entêtement, c’est la résilience. Car ne pas être entêté, c’est aussi lâcher prise facilement, ne pas se battre, laisser faire,  abandonner, procrastiner, and everything else.

Il faut bien dire que cette première expérience 2014 de co-écriture est loin d’être un succès. Seulement, le problème, c’est que je n’aime pas rester sur un échec. Ou, plutôt un échec tel que celui-ci, qui est ample à plusieurs points de vue, au lieu de m’abattre  m’inciterait plutôt à créer quelque chose de mieux, à aller plus loin, à poursuivre de façon plus sérieuse, plus professionnelle mais … en dehors de l’Ecritoire.

Nous tirons donc ici, sur l’Ecritoire, un trait définitif sur l’écriture-ensemble, en participation, en co-autoring. L’Écritoire reste une Écritoire individuelle, avec sa formule 2014, le Titre du Mois.

J’efface ( je met en privé) tous les textes de l’essai d’écriture-ensemble commencé au début du mois. Chaque auteur accèdera à son texte et commentaires avec un mot de passe ( contactez moi par mail)

Parmi les auteurs, certains ont compris  l’intérêt d’écriture à plusieurs et sont prêts à accepter les exigences de tels projets. Ceux qui désirent continuer et aller plus avant dans cette recherche et expérience peuvent obtenir renseignements et liens nécessaires en me contactant par mail.

Merci à tous les participants, merci aux lecteurs, et bon week-end de 14 juillet à vous de France.

 

 

Phasmes 3 / Délire en plein midi sur une route déserte, par Lise

 ecritoire phasmes juil 2014

C’est devant moi la route unie longue double pointue tout au bout. Elle traverse le paysage de part en part sans un arbre. Un cauchemar de route, une route de thriller. Au bout, on a tracé une grande ligne horizontale, ferme et dure, cadenassée par un trait plus sombre qui clôt la prairie. Le vert là-bas s’intensifie pour finir en mauve. Et par-dessus, le ciel.

Il est là gigantesque, plus grand que tous les immenses possibles. Il tourne lentement au dessus de moi, muet, sans résonances. C’est effrayant ce silence du ciel à midi dans la plaine, avec un soleil plus orange que jaune loin des citronniers. Tous les vides y tournoient sans fin et je me sens devenir insecte dans les bleus de l’été, cigale, mante religieuse, fourmis, phasme aride.

Deux oiseaux arrivent de la droite, traversent l’espace avec des cris aigus. Ils disparaissent vers la gauche, absorbes  par l’azur, noyés dans le vide. Le ciel se rendort, solitaire, dans la torpeur de cette mi-journée.

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lmg 2008