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juin 2015 : fil rouge, les sept cailloux

Il était une fois sept petits cailloux. Ils étaient si beaux que vous n’en auriez jamais rêvé d’aussi beaux : ronds, durs, avec ce qu’il faut de rugosité et d’aspérité pour être un vrai caillou et pas un simple galet roulé dans le lit de je ne sais quel ruisseau. Ni trop gros ni trop petits, ils étaient donc de taille convenable ; c’est à dire la taille qui convient à un caillou, ni roc, ni gravier. En bons cailloux, ils ne bougeaient pas : pas de patte, pas d’aile, encore moins de nageoire ou de muscle reptatoire.

Ajoutons que le vent ne les faisait évidemment pas trembler, et, que, posés qu’ils étaient sagement alignés sur le bord du chemin qui longe l’orée de la forêt, à bonne distance des pentes montagneuses pourvoyeuses d’avalanches ou des failles telluriques propice aux secousses sismiques,  tremblement de terre, elles ne craignaient guère que le choc hasardeux d’un sabot qui les aurait envoyé voir ailleurs, ne serait-ce qu’à quelques pas.

Ce qui leur convenait parfaitement : ne pas bouger ne les dérangeait pas, au contraire. Avoir la bougeotte, c’est bon pour les animaux, les herbes folles, les feuilles, les brindilles ; pas pour un caillou ; à la rigueur, c’est tolérable pour du sable – quand il y a beaucoup de vent.

Et puis à quoi bon bouger ? Pour voir le vaste monde ? Pourquoi faire, puisqu’ils savaient qu’il était fait à leur image, évidemment rond et dur, avec ce qu’il faut d’aspérités – colline, vallée, montagne, gouffre – pour être un vaste monde à l’image d’un digne caillou. Le reste, les plantes, les animaux, les forêts, les mers, les villes et tout le reste, c’était du paysage, de la garniture, de la fantaisie : autant dire rien ; en tout cas, ça n’intéressait pas nos cailloux, qui n’ambitionnaient que de rester là et d’éviter –autant que faire se peut – l’érosion.

Ainsi, les sept petits cailloux menaient leur vie paisible, au bord du chemin qui longe l’orée de la forêt.

3 Commentaires Poster un commentaire
  1. Voilà la base, à vous de jouer. Le seul souci, c’est que je ne sais pas comment donner accès aux autres auteurs pour qu’ils modifient, suggèrent, interviennent ! A l’aide !
    et puis je pars de la même base pour un feuilleton qui sollicite les lecteurs, sur les carnets…

    22 mai 2015
  2. Lise #

    Mais si !!! il suffit de le dire : voilà, c’est fait : donc, LES [PETITS CAILLOUX PARESSEUX ET IMBOUGEABLES SONT OUVERTS à TOUS.

    Merci, Monsieur : on y va : on peut faire de deux facons :
    – soit on va directement dans le texte ( je vais y aller des demain matin avec mes pattes bleues)
    – soit les auteurs ecrivent leur part de texte en commentaire, et je ferait le rajout dnas le texte initial

    ET Carnets , tu viens aussi mettre tes mots dans les notres .

    22 mai 2015
  3. Lise #

    Un projet d’ecriture ensemble aussi dans tes carnets ? j’y cours ! j’espere que ce n’est pas trop tard …

    24 mai 2015

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