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V comme voyageuse

Quand elle arrive enfin dans la petite bourgade où elle va passer les huit prochains jours, elle tourne un peu au hasard des ruelles étroites, toutes à sens unique, et n’est que trop contente de trouver une placette où le stationnement n’est pas réglementé. Il n’y a pas d’ombre, rien n’est parfait. Elle sort dans la fournaise, prend sa valise, son sac. Trouver la Grand-Rue ne devrait pas être trop difficile et dans une si petite ville, chacun, elle le suppose, connaîtra l’emplacement de son hôtel.

Première difficulté, trouver âme qui vive dans les rues endormies en plein midi. Un garçon passe et en réponse à sa question, fait un large geste vers la droite: la Grand-Rue, c’est là-bas, derrière.

Elle arrive sur une place où il y a quatre platanes et quelques commerces, tous fermés. Passe un vieil homme tout de travers, qui porte son maillot de corps à l’envers, coutures apparentes. Il n’a jamais entendu le nom de cet hôtel. Mais il y a d’autres hôtels, lui dit-il. Sans doute, mais elle a réservé une chambre dans celui-là.

Elle finit par le trouver, un peu par hasard. Il n’a pas d’enseigne, rien qui fasse ressembler sa façade bourgeoise à une hôtellerie. Elle sonne. Une fois. Deux fois. Rien ne bouge à l’intérieur ni à l’extérieur et elle ne voit que des volets fermés dans une ruelle écrasée de soleil.

Elle a soif. Sa dernière bouteille d’eau est vide. Elle a besoin d’aller aux toilettes. Elle a envie de se rafraîchir. Elle a faim.

Elle décide d’appeler le numéro de l’hôtel, allume son portable, tombe sur une boite vocale, laisse un message.

Elle est fatiguée. Le trajet a été long, mouvementé. Elle a frôlé l’accident mortel. Elle s’assied sur le seuil. Tant pis s’il n’y a pas d’ombre: elle ne bouge plus. Elle attend.

4 Commentaires Poster un commentaire
  1. Lise #

    et alors… et alors ? je suis comme la Voyageuse, j’ai soif de la suite et j’attend : c’est que ca met l’eau à la bouche, ce texte ! Bon retour dans l’Ecritoire, Adrienne !

    6 juillet 2015
  2. Lise #

    A mettre dans le défi PRE-TEXTES de MAI, je viens de voir ton commentaire : OK, donc, c’est parfait de chez parfait dans l’idée du jeu : écrire un texte-prétexte en commencant par un pré-texte (premier texte de lancement ) que nous pouvons – ou ne pouvons pas , à toi de nous le signaler – tous reprendre, rajouter, rallonger, au grè de nos fantaisies, mais en suivant la ligne premiere du pré-textxe : ici, une voyageuse arrive dans une petite Ville inconnue et cherche un hotel dans lequel elle a retenu une chamber : arrivée devant cet hotel, au bout d’un voyage semble-t-il assez mouvementé, elle trouve porte de bois… Que va-t-il se passer ensuite ?

    Le prétexte est bon, car il donne libre cours à l’imagination et nous pouvons chacun, chacune, greffer dessus nos reves et reveries. Si c’est un texte ouvert à tous, je suis partante pour une suite.

    6 juillet 2015
  3. ah!!! Lise!!! quel bonheur de te revoir! je m’inquiétais! et j’ai lancé ce pré-texte comme une bouteille à la mer 🙂
    bien sûr que chacun peut y écrire les suites ou tout ce qu’il veut 🙂
    je t’embrasse

    6 juillet 2015

Rétroliens & Pings

  1. V comme voyageuse (3) | Les mots autographes

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