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Articles par jacou33

Une goutte d’eau dans le désert

Une goutte d’eau dans le désert

Une goutte d’eau dans le désert

Et aussitôt, l’arbre de pluie se met à raconter.

La terre desséchée,

Les graines infertiles,

Les ventres affamées.

Et aussitôt, le tam-tam se met à résonner.desert-749692_960_720

Plus rien à manger,

Le bétail, panse efflanquée,

Sols à l’infini craquelés.

Une goutte d’eau dans le désert

Et aussitôt, l’espoir se met à enfler.

Rigoles de pluie, la vie renait,

Sourires des visages mouillés,

Le ciel est remercié.

 

 

 

 

En attendant la pluie

En attendant la pluie

Demoiselle hésitait.

Sortira, sortira pas.

S’ennuyait, à dépérir.

Sa belle robe jaune,

Ses couleurs, rafraichir,

Avait le désir.

J’y vais, j’y vais pas.

Toc, toc,

A sa porte, on frappa.

On s’inquiétait.

Que faisait-elle,

Dans sa maisonnée,

Ainsi recroquevillée.

Un peu d’air frais,

Mademoiselle,

Et vous verrez,

Le bien, que vous y trouverez.

Hésitant, à faire le pas,

Demandant en quelle humidité,

La nature, dehors, était.

Tout à fait favorable,

D’une fraicheur à se régaler.

Prudemment, demoiselle sortit.

Réfléchissant, que de la bienfaisante pluie,

N’ayant rien entendu,

Plus jamais, ces délicieux moments,

N’aurait vécus,

Si de sa coquille, on ne l’avait fait sortir.

Ses cornes en  frémirent.

 

Qui sème le vent récolte la tempête

Qui sème le vent récolte la tempête

Un banc,TEMPÊTE PICART LE DOUX 1955image040

Sur ce banc, un dictionnaire.

Un léger souffle.

Se tournent les pages,

Libérant une image.

Graines folles voletant,

Légères, dispersées dans l’air.

Soufflant avec grâce,

S’élève une créature de rêve.

« Je sème à tout vent » murmure -t-elle.

Soulevée dans les airs, sa chevelure malmenée,

La voilà,  harpie, devenue.

Un grand nuage noir l’enveloppe.

Sur le banc,

Feuillets agités comme ailes de colibri,

Le dictionnaire reste ouvert.

Sur la page délaissée,

Un mot,

Tempête.

Déluge de confettis dans le yaourt

Déluge de confettis dans le yaourtyaourt-chats-1-700x333

  • Epinards.
  • Salade.
  • Topinambours.
  • Rutabagas.
  • Sauce crevette.
  • Mange ton yaourt.
  • Bois ta tisane.
  • Lèche la cuillère.
  • On ne parle pas la bouche pleine.
  • Tu postillonnes.
  • Mais non, c’est la pluie.
  • De confettis?
  • Dans le yaourt.
  • Pluie diluvienne.
  • Déguisée en confiture.
  • ?
  • Carnaval.
  • ?
  • Surveille la cuisson.
  • Y’a rien qui cuit.
  • Justement.
  • Et ton yaourt?
  • Je l’ai fini. Et tes confitures?
  • Regarde, elles font des bulles.
  • Vapeurs sucrées, mon nez palpite.
  •   Normal, t’as senti une goutte.
  • Non, c’est mon odorat qui sent.
  • Et la pluie mouille ton nez, qui ne sent rien.
  • Et toi, tu vois avec tes oreilles?
  • Non, j’entends le déluge de mots.
  • Moi, je les écoute tomber.
  • Tu les regardes, aussi.
  • Quand tu seras prêt, tu me feras signe.
  • Mais je ne sais pas en quoi me déguiser.
  • En courant d’air.
  • C’est malin. Et si les portes claquent, je serai coincé.
  • Autant en emporte le vent.
  • Oui mais les cris restent.
  • Les écrits, tu veux dire.
  • Comment puis-je écrire, je suis le vent.
  • Et qu’es-tu en train de faire.
  • Moi, j’imagine qu’une bourrasque, un jour de Carnaval, entraîne des nuages de confettis, qui s’engouffrent dans la cheminée d’une yaourtière…
  • Je t’arrête, une yaourtière, ça n’a pas de cheminée.
  • Ah, bon, je croyais qu’une fabrique de yaourts ça s’appelait yaourtière; alors comment ça s’app…oh, et puis, c’est pas important.
  •  La confiture multi-fruits est prête. J’en ai mis dans ton yaourt. Tu peux le manger maintenant.

 

Merci à Barbara, ma prof de théâtre, dont le nom de sa compagnie « La Confiture Dans L’Yaourt »,  m’a inspiré ce texte.

 

PLUIE

PLUIE AFFICHE

 

Pleuvra-t-il aujourd’hui?

Le dicton le dit.

Une goutte, sur mon nez, a atterri.

Il a bien plu, ici.

Et voila, c’est fini.

 

Affiche (Blanca Gomes)

NUAGES

Nuages

Les nuages n’ont pas de pays.

Ont-ils une âme?

A quoi ça pense un nuage,

Quand du soleil,il nous prive.

Sait-il que tout devient triste, obscur et sans espoir.

Les nuages n’ont pas de pays.

Ont-ils des envies?

Mélancolique, au-dessus du jardin,

S’effiloche une écharpe blanche.

Insaisissable, elle s’enfuit,

Laissant derrière elle trace fugitive et  regrets.

Les nuages n’ont pas de pays.

Savent-ils leurs destins?

Gris  cotonneux, noirs menaçants,

 Par le vent dispersés, ils s’éloignent,

De larmes glacées, transpercès,

Explosant, terrible et bruyant orage.

Les nuages n’ont pas de pays.

Ont-ils une mémoire?

Promenant leur solitude,

Naissent et meurent sans bruit,

Immobiles, parfois,

Jamais en repos.

Les nuages n’ont pas de pays.

Et malgré leur apparence de champs de coton,

Prenant tantôt figure animale,

Tantôt formes monstrueuses,

Au dessus de nos têtes, toujours s’amoncellent,

Pluie et beau temps perpétuant.

C’est quoi un nuage?

V comme voyageuse (3)

Suzanne, qui ne dit mot à quiconque, depuis si longtemps déjà ; personne n’a compris dans le village, ce qui s’est passé ; alors, ils ont fini par laisser tomber, haussant les épaules, pensant « Quand elle aura fini de faire la fière, et quand elle en aura assez de rester seule, elle reparlera. » Ils se sont détournés d’elle. Seule, sa voisine a continué à lui parler ; à partager ses soucis, à lui parler de tout, de rien, de la pluie et du beau temps. Alors Suzanne a recommencé à sourire, hocher la tête, faire des signes pour dire bonjour et au-revoir, à échanger des livres, à écrire des phrases, des questions, des réponses…

Un jour, elle lui a montré une lettre; sur l’enveloppe, un timbre et le tampon d’un pays lointain. Ses yeux étaient pleins de larmes, un sourire doux décorait ses lèvres. A cette époque, l’hôtel, peu fréquenté, hébergeait justement un étranger de ce pays. Janine proposa à Suzanne qu’il vint la voir. Elle refusa, la proposition semblant l’effrayer.

– Ne vous méprenez pas; Suzanne a cessé de communiquer depuis des années.

– Comment vous a-t-elle prévenu alors?

– C’est notre secret, répondit Janine, dans un rire joyeux.

J. comme…

Pour le mois de juillet 2015, et le long silence de notre amie Lise, et son blog Ecritoire.

J comme je viens aux nouvelles, chère Lise.

U comme une question: comment vas-tu?

I comme il était une fois un blog et une amie blogueuse sympathiques

L comme les échanges divers et variés, toujours intéressants

L comme l’écriture à partir de titres, de défis, enrichissante

E comme  en toute amitié, Ecritoire, que deviens-tu?

T comme tiens-nous au courant si tu peux.

Défi de juin 2015- Fil rouge- X en texte

Prétextant écrire un pré texte

X partit dans un pré à textes.

Revint textuellement écrivain

D’un prétexte tellement vain

Que texte et pré s’emmêlaient.

Texture champêtre et écrits s’adulaient.

Dans ce pré X y était  à jamais empêtré.

Prétexte, texte, pré, pêle-mêle jetés

Imprévus, écrits n’ayant jamais existé.

Défi de juin 2015- Fil rouge

Fil rouge

Je devais avoir huit ou neuf ans; une verrue se plut à orner le bout de mon nez.

Mes parents essayèrent plusieurs remèdes; nous partîmes à la cueillette de la chélidoine.

Ma mère, peu encline à croire aux remèdes de bonne femme, lança par dessus son épaule un mouchoir, probablement frotté sur la verrue, mouchoir contenant trois cailloux.

La verrue n’était point décidée à disparaître pour autant.

Ma nounou, personne très attachée à moi, et je lui le rendais bien,  personne aimable, dévouée, eut l’idée, un jour, d’attacher un fil à coudre rouge à cette excroissance nasale.

Je partis jouer, insouciante, dans l’impasse, sur laquelle donnait l’appartement de mon enfance.

Huguette m’appela, invoquant le quatre heures; je rentrais chez moi. Ses quatre heures étaient toujours succulents.

Je sentis une légère piqure au bout de mon nez. Elle me montra le fil rouge, que,  sans m’avertir, elle avait tiré d’un coup sec, me débarrassant de cette disgrâce encombrante.

Je n’eus plus de verrues de ma vie.