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Articles de la catégorie ‘12 – Jeu de Décembre’

La nuit d’après les Mille et une nuits -décembre la suite

Mais qui sait ce qui se passa lors de la mille-et-deuxième nuit ?

Au soir de cette nuit là, Schahriar se couche plutôt content de lui. D’abord, il est fier de sa clémence envers Shéhérazade : grâce à lui, la pauvre petite n’a plus à craindre de mourir à l’aube ! Et puis cette nuit, plus de risque d’être réveiller par la voix de Dinarzade posant sa sempiternelle question :
– « Ma sœur, si tu ne dors pas et si le sultan est d’accord, veux-tu raconter la suite de l’histoire d’hier ? » Lire la Suite

L’Etranger

Devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. J’ai senti que j’avais en moi toutes les capacités nécessaires à l’être encore longtemps et à rendre heureux ceux qui voudraient bien partager un bout de chemin avec moi.

Sans se poser trop de questions. Sans m’en poser. Juste accepter, jour après jour, la vie comme elle vient, la vie comme elle va. Et m’accepter moi comme je suis.

Quand l’aumônier est revenu, alors que je l’avais si improprement chassé, j’ai finalement accepté de signer le pourvoi. Chacun m’assure qu’en cassation, le climat, le contexte et surtout la saison, tout sera différent. Que j’ai toutes mes chances de m’en sortir.

Et puis surtout, j’ai décidé de ne plus me laisser faire.

La petite marchande d’allumettes (la suite)

Je profite du joli thème de ce mois de décembre pour régler quelques comptes avec des contes dont la fin m’est toujours restée en travers de la gorge. Aujourd’hui, c’est au tour de La Petite marchande d’allumettes. L’histoire est trop connue pour qu’il soit la peine de la rappeler ; je me borne donc à en citer les deux derniers paragraphes avant d’enchaîner :

Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l’encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d’autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main,toute raidie, les restes brûlés d’un paquet d’allumettes.

– Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D’autres versèrent des larmes sur l’enfant ; c’est qu’ils ne savaient pas toutes les belles choses qu’elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c’est qu’ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.

Aussi bien ceux qui versaient des larmes que le sans-coeur ignoraient – mais comment auraient-ils pu savoir cela ?-  de là haut, blottie dans les bras de sa grand-mère, la petite fille aux allumettes venait de retrouver, au fond de la plus trouée de ses poches, une dernière allumette. Elle joua pensivement avec, puis la laissa tomber, enflammée, vers la terre.

Et voilà que l’allumette allume la cité de Troie ! Brûle le temple d’Artémis à Ephèse ; calcine la grande bibliothèque d’Alexandrie, dévore la ville de Rome – Néron, coupable idéal – puis embrase Lvov et Plov en Pologne, flambe Jeanne à Rouen, grille le grand bazar d’Istambul, incendie le Globe Theater de Londres.

Une fois lancé par le monde, le grand feu consume encore La Nouvelle-Orléans, Moscou (Napoléon dehors !), Atlanta (et tant pis pour Scarlet – au prénom prédestiné, couleur de flamme écarlate – et pour ce fat de Rhett) ;

Chicago ? Louvain ? Salonique ? des braises  !

En cendres, le Reichstag de Berlin, le Cristal-palace de Londres, les Docks de Marseilles ;
Et le grand incendie avale les villes martyrs, Dresde, Oradour, Berlin, Hiroshima, Nagasaki.
Et Sarajevo hier encore.

Tous ces brasiers, touts ces désastres, tous ces avertissements, c’est bien sûr en pure perte. Qui songerait, en ce lendemain de Noël repu et confortable, que la longue litanie des flammes pourrait être née de la douleur et de la colère d’une de ces petites filles maigrelettes et aux joues blêmes à qui notre monde refusera toujours une minuscule place au coin de l’aître ?

Et, si par hasard on y songeait, qui essayerait d’y changer quelque chose ?

La chèvre de Monsieur Seguin, une suite.

En y repensant, j’ai commis au printemps dernier un petit texte qui rentre bien dans le thème du mois de décembre. N’en déplaise à Alphonse Daudet, il s’agit, sinon d’une suite, du moins d’un chapitre supplémentaire à « La chèvre de Monsieur Seguin ». Comme il n’a Bien qu’il n’ait pas été écrit spécialement pour l’écritoire, je n’ose pas le rapatrier ici ; on peut donc aussi aller le lire dans les Carnets, sous le titre d’On achève bien les cheveaux. (pour les tatillons qui voudraient vérifier, c’est le même texte !)

 

*  *  *

 

Là-bas, dans la vallée, le coq redouble son chant. Déjà la pâle lueur de l’aube salit la robe noire de la nuit mourante. Il ne faut plus s’attarder ; laissant derrière lui la carcasse sanglante, il s’ébroue et dévale du col vers les combes. Il fait confiance à son corps, mécanique repue et gorgée d’énergie, qui se faufile sous les buissons, entre les chênes et les fougères dans un couloir de silence : la forêt retient son souffle sur son passage.

Tout en courant, il repense à elle, à sa robe de laine, à sa lubie d’espace et de montagne, à son rêve stupide de nuit blanche et son désir insensé de voir l’aube se lever ! Il a pourtant fait son possible pour la retenir. Mais comment lutter contre cette envie malheureuse qui, de façon inattendue, a rejoint la sienne ? Il est bien placé pour savoir qu’il y a des choses plus fortes que la raison. Dès lors, leur rendez-vous était marqué. Et puis cette mauvaise chance de fuguer à la pleine lune ! Mais si l’attente n’a pas été longue, la lutte a trop duré. Quelle têtue ! Les autres avaient fait moins de manières, il avait pu se repaitre, puis se terrer à l’abri le temps de la mue et rentrer au petit matin comme qui revient des champignons.

La lumière monte, mange les étoiles. Il sait qu’il est presque trop tard et accélère encore sa course, déboulant de clairières en vallons, laissant des touffes de poils gris à chaque buisson d’épineux, traçant une piste que le plus médiocre des Tartarins saurait suivre. Bah, il a de la chance : c’est la sixième, non, la septième, et il n’avait toujours pas été vu, ni pris. Est-ce que ça durera ? Il sait que tôt ou tard (demain peut-être ?) il aura droit à la balle d’argent et on clouera sa peau à la porte d’une grange. Enfin, depuis le temps, il a fait des progrès. Quelles maladresses, quels risques, au début. Mais quelles joies, aussi, quelle insouciance, quelle liberté, dans ces courses à perdre haleine, du crépuscule à l’aube, dans les bois et les collines.

Comme le soleil rouge bondit derrière les crêtes, la métamorphose advient et bouleverse son corps : il trébuche et roule dans les herbes ; c’est dans l’ordre des choses, à l’aube, sa forme lupine l’abandonne. Ses crocs ? Redevenus des chicots. Sa gueule ? Une face plate et blafarde, barrée d’une moustache blanche ; son merveilleux flair a disparu ; ses puissantes pattes ne sont plus que bras maigres et jambes maladroites, inaptes à la course en sous bois. La colère le prend : est-ce sa faute, à lui, s’il a été mordu, berger, par le Mauloup ? Dans sa bouche molle, l’angoisse amère masque un instant le goût du sang. Grelottant, ridiculement humain, il se redresse, nu : trop tard pour retrouver ses vêtements, soigneusement cachés dans l’arbre creux derrière les cimes. Se terrer un jour entier en forêt ? Impossible. Il faut rentrer. Quelle honte s’il était pris ainsi, nu comme un ver, sans ses vêtements d’homme, ni même la cape de puissance et de terreur qu’inspire son apparence de loup-garou ! Tant pis. Avec de la chance, il dépouillera un épouvantail.
Clopin-clopant, le corps marbré d’ombres bleues (elle ne l’a pas raté, avec ses sabots), griffé par les ronces et les aubépines, il essaie de courir à travers la campagne encore déserte. Ses pieds nus s’écorchent aux pierrailles du chemin. En bien ou mal, il sera bientôt au bout du calvaire.

Le cœur battant la chamade, il arrive enfin en vue du village. Sous l’abri des oliviers et des rangs de vignes des jardins en terrasse, un peu de courage lui revient : entre les bâtisses dont le soleil enflamme les toits de tuiles, s’étirent de longues traines d’ombre où il pourra se couler. Il arrive sur la grand’ place au moment où l’unique lampadaire de l’éclairage municipal s’éteint. Un bruit de voix feutrées et de souliers ferrés sonnant sur le pavé l’immobilise dans une encoignure. Deux paroissiennes trottant à la première messe se silhouettent sur la place et disparaissent dans la gueule d’ombre de l’église.

Encore quelques mètres, et il ramasse sa clef sous la pierre du seuil, pousse sa porte et se glisse à l’abri. En un tournemain, veste de velours anthracite, pantalon de coutil sombre, feutre noir sur la tête, il redevient le respecté Monsieur Seguin, chevrier.

Décembre la suite : La mille et deuxième nuit

Chacun sait que le matin qui suivit la mille et unième nuit, le Sultan Schahriar dit à Séhérazade qu’elle l’avait si bien diverti et amusé et subjugué avec ses histoires qu’il renonçait à son cruel serment : en bref, il renonçait à l’égorger au petit matin, ce matin là ou aucun des suivants, et il décidait que désormais il accorderait pleine confiance à son épouse – par le fait, Shéhérazade).

La journée passa comme à l’accoutumée, en plus détendu : le palais et la ville retentissaient des cris de joies des courtisans et des habitants rassurés, tandis que Shéhérazade, aidée de Dinarzade, se débarrassait des cahiers de notes qu’elles avaient préparés pour les nuits suivantes, au cas où…

Mais qui sait ce qui se passa lors de la mille-et-deuxième nuit ?

 

Je poste ce teaser pour réserver le sujet, mais si quelqu’un s’en empare, hé bien ça sera très bien !

Jeu de Decembre 4 / Un plat de gaufres, une tuerie, par Pivoine

 

J’avais trouvé la recette d’un gâteau aux speculoos (il s’agit de biscuits typiquement belges et néerlandais, au fort goût de cannelle et de sucre de canne) dans le dépliant publicitaire de ma grande surface préférée (et surtout très voisine). J’étais très tentée, et puis, un dimanche après-midi, j’ai eu l’idée de transformer ce gâteau en gaufres. Vu le nombre d’oeufs nécessaires, (3), je me suis dit que cela devrait fonctionner, surtout que je fais ces gaufres chez un ami qui vient de s’acheter un nouvel appareil à croques (monsieur, madame, tomate, ananas, à tout ce que vous voudrez) avec plaques à gaufres en option…

Donc, il faut d’abord réduire en poudre 200 grammes de speculoos, (c’est la partie la plus difficile et aujourd’hui, je viens de m’apercevoir que cela se vend… Tout fait ! En magasin!) et mélanger cette poudre à 50 grammes de farine et 50 grammes de maïzena. Et 1/2 sachet de levure chimique (je mélange toujours les ingrédients à sec, d’abord!) Puis, il faut ajouter de la « cassonade » brune – ou sucre de canne, (70 grammes, pas plus, les speculoos sont déjà sucrés) et je vous avouerai que quand je n’en ai pas, eh bien, je fais fondre du miel au micro-ondes et ce n’est pas plus mal – donc, cassonade ou miel fondu, avec 100 grammes de beurre, et enfin, 3 jaunes d’oeufs, bien amalgamer le tout, ajouter un peu de lait si nécessaire, et enfin, je termine avec les blancs d’oeufs battus en neige très ferme (avec une pointe de sel).

Après, branchez le fer à gaufres, assoyez-vous confortablement à la table ronde de votre cuisine, avec votre saladier (le vieux saladier en faîence que vous préférez), votre fourchette à gaufres, une grille et un pinceau pour huiler le moule et en avant ! vous en aurez pour une petite heure de travail.

Eh oui ! Une tuerie dans la cuisine, autant faire ça confortablement…

De l’avis général, c’est excellentissime…

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Pivoine, 18 décembre 2013

Jeu de decembre 3 / la recette des brownies

C’est ici. clique sur le plat qui tombe

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Les brownies de Saint Nicolas

Jeu de Decembre 2 / C’est servi !

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Jeu de décembre

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Il ne sera pas dit que nous  quitterons l’année 2013 sans un dernier JEU du MOIS.

Donc, voici le sujet, ultra facile : SOYONS GOURMANDS

Nous pouvons l’être de tant de façons  ( hi hi ) laissons nous aller à la gourmandise et aux gourmandises ; célébrons les fêtes des yeux, du corps et de l’esprit ; soyons gourmands, empiffrons-nous,  dépassons nos limites : nous réduirons nos calories l’an prochain.

Recettes, menus, photos,  tentations, tout est permis : DECEMBRE, C’EST LE MOIS DE LA GOURMANDISE

Jeu de Decembre 1 / Soyons gourmands

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