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Articles de la catégorie ‘TEXTES 2014’

La nuit d’après les Mille et une nuits -décembre la suite

Mais qui sait ce qui se passa lors de la mille-et-deuxième nuit ?

Au soir de cette nuit là, Schahriar se couche plutôt content de lui. D’abord, il est fier de sa clémence envers Shéhérazade : grâce à lui, la pauvre petite n’a plus à craindre de mourir à l’aube ! Et puis cette nuit, plus de risque d’être réveiller par la voix de Dinarzade posant sa sempiternelle question :
– « Ma sœur, si tu ne dors pas et si le sultan est d’accord, veux-tu raconter la suite de l’histoire d’hier ? » Lire la Suite

L’Etranger

Devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. J’ai senti que j’avais en moi toutes les capacités nécessaires à l’être encore longtemps et à rendre heureux ceux qui voudraient bien partager un bout de chemin avec moi.

Sans se poser trop de questions. Sans m’en poser. Juste accepter, jour après jour, la vie comme elle vient, la vie comme elle va. Et m’accepter moi comme je suis.

Quand l’aumônier est revenu, alors que je l’avais si improprement chassé, j’ai finalement accepté de signer le pourvoi. Chacun m’assure qu’en cassation, le climat, le contexte et surtout la saison, tout sera différent. Que j’ai toutes mes chances de m’en sortir.

Et puis surtout, j’ai décidé de ne plus me laisser faire.

La petite marchande d’allumettes (la suite)

Je profite du joli thème de ce mois de décembre pour régler quelques comptes avec des contes dont la fin m’est toujours restée en travers de la gorge. Aujourd’hui, c’est au tour de La Petite marchande d’allumettes. L’histoire est trop connue pour qu’il soit la peine de la rappeler ; je me borne donc à en citer les deux derniers paragraphes avant d’enchaîner :

Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l’encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d’autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main,toute raidie, les restes brûlés d’un paquet d’allumettes.

– Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D’autres versèrent des larmes sur l’enfant ; c’est qu’ils ne savaient pas toutes les belles choses qu’elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c’est qu’ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.

Aussi bien ceux qui versaient des larmes que le sans-coeur ignoraient – mais comment auraient-ils pu savoir cela ?-  de là haut, blottie dans les bras de sa grand-mère, la petite fille aux allumettes venait de retrouver, au fond de la plus trouée de ses poches, une dernière allumette. Elle joua pensivement avec, puis la laissa tomber, enflammée, vers la terre.

Et voilà que l’allumette allume la cité de Troie ! Brûle le temple d’Artémis à Ephèse ; calcine la grande bibliothèque d’Alexandrie, dévore la ville de Rome – Néron, coupable idéal – puis embrase Lvov et Plov en Pologne, flambe Jeanne à Rouen, grille le grand bazar d’Istambul, incendie le Globe Theater de Londres.

Une fois lancé par le monde, le grand feu consume encore La Nouvelle-Orléans, Moscou (Napoléon dehors !), Atlanta (et tant pis pour Scarlet – au prénom prédestiné, couleur de flamme écarlate – et pour ce fat de Rhett) ;

Chicago ? Louvain ? Salonique ? des braises  !

En cendres, le Reichstag de Berlin, le Cristal-palace de Londres, les Docks de Marseilles ;
Et le grand incendie avale les villes martyrs, Dresde, Oradour, Berlin, Hiroshima, Nagasaki.
Et Sarajevo hier encore.

Tous ces brasiers, touts ces désastres, tous ces avertissements, c’est bien sûr en pure perte. Qui songerait, en ce lendemain de Noël repu et confortable, que la longue litanie des flammes pourrait être née de la douleur et de la colère d’une de ces petites filles maigrelettes et aux joues blêmes à qui notre monde refusera toujours une minuscule place au coin de l’aître ?

Et, si par hasard on y songeait, qui essayerait d’y changer quelque chose ?

La chèvre de Monsieur Seguin, une suite.

En y repensant, j’ai commis au printemps dernier un petit texte qui rentre bien dans le thème du mois de décembre. N’en déplaise à Alphonse Daudet, il s’agit, sinon d’une suite, du moins d’un chapitre supplémentaire à « La chèvre de Monsieur Seguin ». Comme il n’a Bien qu’il n’ait pas été écrit spécialement pour l’écritoire, je n’ose pas le rapatrier ici ; on peut donc aussi aller le lire dans les Carnets, sous le titre d’On achève bien les cheveaux. (pour les tatillons qui voudraient vérifier, c’est le même texte !)

 

*  *  *

 

Là-bas, dans la vallée, le coq redouble son chant. Déjà la pâle lueur de l’aube salit la robe noire de la nuit mourante. Il ne faut plus s’attarder ; laissant derrière lui la carcasse sanglante, il s’ébroue et dévale du col vers les combes. Il fait confiance à son corps, mécanique repue et gorgée d’énergie, qui se faufile sous les buissons, entre les chênes et les fougères dans un couloir de silence : la forêt retient son souffle sur son passage.

Tout en courant, il repense à elle, à sa robe de laine, à sa lubie d’espace et de montagne, à son rêve stupide de nuit blanche et son désir insensé de voir l’aube se lever ! Il a pourtant fait son possible pour la retenir. Mais comment lutter contre cette envie malheureuse qui, de façon inattendue, a rejoint la sienne ? Il est bien placé pour savoir qu’il y a des choses plus fortes que la raison. Dès lors, leur rendez-vous était marqué. Et puis cette mauvaise chance de fuguer à la pleine lune ! Mais si l’attente n’a pas été longue, la lutte a trop duré. Quelle têtue ! Les autres avaient fait moins de manières, il avait pu se repaitre, puis se terrer à l’abri le temps de la mue et rentrer au petit matin comme qui revient des champignons.

La lumière monte, mange les étoiles. Il sait qu’il est presque trop tard et accélère encore sa course, déboulant de clairières en vallons, laissant des touffes de poils gris à chaque buisson d’épineux, traçant une piste que le plus médiocre des Tartarins saurait suivre. Bah, il a de la chance : c’est la sixième, non, la septième, et il n’avait toujours pas été vu, ni pris. Est-ce que ça durera ? Il sait que tôt ou tard (demain peut-être ?) il aura droit à la balle d’argent et on clouera sa peau à la porte d’une grange. Enfin, depuis le temps, il a fait des progrès. Quelles maladresses, quels risques, au début. Mais quelles joies, aussi, quelle insouciance, quelle liberté, dans ces courses à perdre haleine, du crépuscule à l’aube, dans les bois et les collines.

Comme le soleil rouge bondit derrière les crêtes, la métamorphose advient et bouleverse son corps : il trébuche et roule dans les herbes ; c’est dans l’ordre des choses, à l’aube, sa forme lupine l’abandonne. Ses crocs ? Redevenus des chicots. Sa gueule ? Une face plate et blafarde, barrée d’une moustache blanche ; son merveilleux flair a disparu ; ses puissantes pattes ne sont plus que bras maigres et jambes maladroites, inaptes à la course en sous bois. La colère le prend : est-ce sa faute, à lui, s’il a été mordu, berger, par le Mauloup ? Dans sa bouche molle, l’angoisse amère masque un instant le goût du sang. Grelottant, ridiculement humain, il se redresse, nu : trop tard pour retrouver ses vêtements, soigneusement cachés dans l’arbre creux derrière les cimes. Se terrer un jour entier en forêt ? Impossible. Il faut rentrer. Quelle honte s’il était pris ainsi, nu comme un ver, sans ses vêtements d’homme, ni même la cape de puissance et de terreur qu’inspire son apparence de loup-garou ! Tant pis. Avec de la chance, il dépouillera un épouvantail.
Clopin-clopant, le corps marbré d’ombres bleues (elle ne l’a pas raté, avec ses sabots), griffé par les ronces et les aubépines, il essaie de courir à travers la campagne encore déserte. Ses pieds nus s’écorchent aux pierrailles du chemin. En bien ou mal, il sera bientôt au bout du calvaire.

Le cœur battant la chamade, il arrive enfin en vue du village. Sous l’abri des oliviers et des rangs de vignes des jardins en terrasse, un peu de courage lui revient : entre les bâtisses dont le soleil enflamme les toits de tuiles, s’étirent de longues traines d’ombre où il pourra se couler. Il arrive sur la grand’ place au moment où l’unique lampadaire de l’éclairage municipal s’éteint. Un bruit de voix feutrées et de souliers ferrés sonnant sur le pavé l’immobilise dans une encoignure. Deux paroissiennes trottant à la première messe se silhouettent sur la place et disparaissent dans la gueule d’ombre de l’église.

Encore quelques mètres, et il ramasse sa clef sous la pierre du seuil, pousse sa porte et se glisse à l’abri. En un tournemain, veste de velours anthracite, pantalon de coutil sombre, feutre noir sur la tête, il redevient le respecté Monsieur Seguin, chevrier.

Octobre positif 15 & novembre mascaret 6/ C’est fini, le mascaret des mouches !

La fenêtre grésille au soleil. Prise entre le verre et la trame ajourée du rideau blanc cassé, un grain noir bombine : une mouche tardive, réveillée par ce soleil hors de saison, par cet été qui tarde à passer la main ; et qui se prend les pattes, pataude, malhabile, dans le tissu du rideau. Ses ailes ? Pas la peine d’en parler : elle ne sait plus rien en faire (voler ? jamais plus !) sinon du bruit – un vrombissement un peu pitoyable- et visiblement plus pour longtemps.

Rêveur que tout étonne, je m’ébahis d’être surpris de voir une mouche. Une seule. Mais où sont-elles passées ? Je n’en sais rien. Faut dire, au quotidien, qui se préoccupe du sort des mouches ? A qui manquent-elles quand elles s’en vont ? Leur absence est de peu de conséquence ; d’ordinaire, on les compte pour rien. Sauf, peut-être, une fois par an, comme aujourd’hui, quand on réalise qu’on croise la dernière mouche de l’année.

Il n’y a pas si longtemps (hier ?), elles étaient des centaines, des milliers qui tourbillonnaient au dessus des groseilliers, ondulaient dans les flaques de soleil, escapadaient sur les croutes de fromage, virevoltaient autour des lampions –avec quelle maîtrise- ; se posaient au plafond – avec quel abandon – ; orgueilleuses, importunes, obsédantes, outrageuses, conquérantes, rendant zinzins les bergères, furieux les aliénistes ; et tout à leur affaire de mouche, jouant leur rôle de mouche dans leur théâtre de mouche. Peut-être qu’hier soir, au dernier baissé de rideau, elles sont venues saluer, debout au bord de la scène, au ras de la rampe d’éclairage. Les plus vrombissantes, artistiquement vêtues d’une camisole anthracite à reflet bleu, sont d’abord venues saluer seules, avant d’être rejointes, selon les codes du milieu, par la troupe alignée ailes contre ailes, unie et réjouie d’avoir bien si joué, faisant mine de disparaitre derrière le grand rideau avant d’être rappelée, une fois, deux fois, trois fois, par le clap-clap-clap du public enthousiaste. Sans doute qu’il y a eu ensuite des agapes où chacune y est allée de son « C’était génial Cocotte », de son « J’adore ce que vous faites, vraiment », sans parler des « Au-revoir on garde le contact » et des « Je pense à toi pour l’an prochain, Poulette ».

Mais ce matin, plus de doute, la saison des festivals de mouche est finie. Les théâtres ne programmeront plus de pièces avec des mouches cette année. Faut se faire à l’idée que jamais elles ne feront de reprise des Contes de Noël, des Christmas Carol ou du Père Noël est une ordure. Que leur répertoire, c’est plutôt Songe d’une nuit d’été. Et aujourd’hui, il ne reste plus que cette idiote qui toupine dans mon rideau, comme un Obéron ou un Puck qui repasserait une dernière fois son rôle, sans même un regard vers le public.

Si seulement je retirais de ce spectacle une leçon positive qui donnerait au lecteur une idée flatteuse de ma sagesse et de mon humilité, genre : qui sommes-nous pour juger des mouches ? Valons-nous mieux qu’elles au regard de l’univers ? Sur quel théâtre croyons-nous jouer ? A défaut, ne pourrais-je au moins, aussi imparfait et anxieux que je sois, apprendre d’elles à passer l’hiver sans extravagance et attendre doucement le printemps ?

Hé bien non : je me dis simplement que d’un côté elles échappent aux fêtes de famille ; que d’un autre, elles ignorent tout des bonhommes de neige. Tiens, tant que j’y suis, je ferais mieux de profiter de l’hiver qui vient pour, emmitouflé et calfeutré, écrire une pièce qui ferait un tabac à l’off Broadway ou à l’Avignon des mouches de l’an prochain.

* * *

Une histoire d’octobre, donc positive, ce qui n’exclut pas l’introspection ! Elle est un peu tardive, car inspirée de l’été indien qui n’en finissait pas de finir (mais aujourd’hui, brume, givre et tout ça, on peut dire que oui, c’est fini). Elle est aussi écrite pour les 36e plumes d’Asphodèle et leur cortège de mots proposés.

Flux et reflux

Flux et reflux

Mer indifférente rejette déchets et rebuts sur les plages
Léchant sables, galets, rochers et fortifications.
Indifférente, elle roule, enfle, ou s’étale.
Ne sachant rien des terribles drames.
Pourquoi soudain un corps.
Inanimé, fin d’un espoir insensé.boat.peoplejpg
Boat people, migrants désespérés.
Lui a échoué, oublié là,
Victime terrible de notre vaste monde.
Les autres, naufragés d’une existence cruelle et injuste
Survivants en espérance minable
Ont gagné à la loterie de la vie.
Ballottés d’ignorances en cruautés
Repoussés de galères en misères
Refusés d’humiliations en indignités
Mer porteuse de rêves, liberté et vies meilleures
Tes vagues bercent le frêle esquif, menant vers l’Eldorado
Un grain, rouage imparfait, orages et pirates
Etres infâmes, scélérats et indignes
Des vagues monstrueuses chahutent le radeau de la liberté
Son équilibre fragile au moral incertain
Détruisant furieusement des avenirs, bâtisseurs, découvreurs,
De ces humains qui voulaient aimer la vie, ses couleurs et le sens des mots
Mer témoin de trop de voyages pour la dernière chance

Octobre positif 13 & Mascaret 4 / Le remède universel

Contre la valse inlassable des aiguilles à tricot (clic, clac), contre l’idiot babillage des filles assises en face (blablabli blablabla) [même si je tends l’oreille je ne comprends rien], contre la gifle qui claque aux joues de l’emprunté (flip, flap), contre le balancement empêtré du face-à-face sur le passage piéton [mais va t-il se pousser ce grand crétin et me laisser passer ? avant qu’une auto nous écrase ?], contre le hoquet qui revient malgré toute les ruses [vous savez bien comment], contre le couinement de la porte qui n’oublie pas de battre [bruit que je renonce à rendre], contre le grincement des dents  veules sous le sourire peint, contre les embrassades qui engluent l’amitié, contre l’amour qui fuit doucement [goutte à goutte], prendre exemple sur le mascaret : il vient, il passe, il repart, et il ignore tout le reste.

*  *  *

écrit d’un seul élan, en  écho au Mascaret/mouvement perpétuel de Lise, voilà un mascaret positif (j’espère).

Mascaret- La rivière Dordogne

EAUMascaret

La rivière Dordogne

Quand vient le mascaret, dans tes eaux douces
Se mêle alors le sel de la mer.
Ta surface immobile parcourue d’un frisson
Un courant inverse tes eaux
Tu ne résistes pas, ainsi va la nature
Tes berges, un instant recouvertes
S’offrent à cette vague montante.
Comme un caprice, elle s’en retourne,
Te laissant déshabillée
De ce va et vient incessant
Parfois rude, et ravageur
Bouleversant les fonds,
Colorant tes eaux,
Certains disent marron
Je préfère les dire nuancées caramel.

Positiver, vous avez dit positiver?

Positiver, vous avez dit positiver ?
Un, deux, trois, soleil. Claudine, vue ! Nicole, vue ! Françoise, vue !
C’est pas vrai, tu m’as pas vue ! Sale tricheuse !
C’est toi qui triches.
Tu dis ça parce que tu veux pas perdre.
Bon, on joue !
Un, deux, trois, soleil. Chantal, au fond, je t’ai vue.
J’avançais pas. J’ai posé mon pied par terre, parce que j’allais tomber.
Chantal, tu nous énerves. Arrête de discuter. On joue, quoi !
Un, deux, trois, soleil………………
Un, deux, trois, soleil………………
Un, deux, trois, sol…….
C’est moi la première !
Non, j’ai tapé le mur avant toi !
Menteuse !
Drinnnnnn ! Fin de la récré.
La prochaine fois, c’est moi qui tape.
– Martine, privée de récréation cette après-midi.
– Maîtresse, j’ai rien fait.
– Tu as bien dit : « C’est moi qui tape » ?
– Oui, mais…
– Et en plus, tu me copieras cent fois « Je ne tape pas mes camarades dans la cour de récréation. »
« Si elle savait sur qui j’ai envie de taper. » murmure Martine.
Ses copines rigolent.
– Qu’est-ce qui vous fait rire ?
– Non, rien, on essaie de positiver, maîtresse.
– Vous me copierez cent fois « Je respecte la maîtresse d’école. »
Un, deux, trois, soleil. Nicole, recule.
Mais…
Tu veux le copier cent fois, peut-être ?

Positivement acrostiché positif

P eut-être, n’est pas le meilleur mot
O n aurait pu le faire, pas la meilleure phrase
S i on avait su, pas la meilleure pensée
I l a eu de la chance, mouais
T u es sûre,
I l ne va pas pleuvoir
V ous allez vous régaler
E t vous m’en direz des nouvelles
M ais qu’est-ce qui ne va pas ?
E lle est en retard ?
N e vous inquiétez pas.
T out est bien qui finit bien.

P ensez tranquillement à elle
O ubliez les idées noires
S ouriez
I l ne faut pas lui en vouloir
T rès bien, voilà qui est mieux
I lluminez votre visage
F êtez son arrivée.