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Mascarolle pour mascaret

Mascarolle

De mascaret en mascarade,
De marée en marécage
De Camaret en camarade
Elle passe la mascarine

Et si bien sûr, c’est votre cousine
Sachez le bien, qu’on vous le dise
Toujours va cette maligne
Et s’en revient à sa guise.

De marasquin en mannequine
De marin en marinière
De carabin en carabine
Elle revient la mascarine

Et même si n’est point votre cousine
Ne change rien à la devise
Si elle passe l’air très digne
Revient de même sans faire la bise.

De matin en mâtine
De mascara en mascarade
De salade en Saladine
Elle passera la mascarine

Qu’elle soit ou non votre cousine
Nous réserve toujours des surprises
A l’avance ne savons ce qu’elle dessine
C’est toujours elle qui avise.

De mars en martine
De martre en martingale
De Sartre en sardine
Elle reviendra la mascarine.

Le titre de décembre

Titre de Décembre

Pour terminer l’année en beauté, le titre du dernier mois : LA SUITE.

C’’est un exercice peut-être un peu difficile, mais j’ai confiance dans vos capacités d’invention, vous tous avez tous une imagination sans limite : il s’agit d’écrire, en 3 lignes ou 3 paragraphes ou trois ou trente pages la suite d’un livre que vous choisirez parmi ceux qui ont laissé en vous une empreinte profonde. Si le livre n’est pas trop connu, ou s’il est récent, merci de nous donner une idée générale et succincte de l’histoire avant d’écrire votre suite.

Chacun est libre de prendre le livre de son choix. S’il se trouve deux auteurs pour prendre le même livre, très bien : nous aurons deux suites, abondance de biens ne nuit pas, et elle est à l’ordre du jour en ce lendemain de Thanksgiving. (Il n’y a bien qu’ici que nous parlons positivement de l’abondance en nos temps de disette)

Pour corser un peu la chose, il faudrait, si possible, garder à la fois le ton, le style, les personnages et les temps des verbes employés dans le livre que vous prendre en référence. Aussi, n’oubliez pas de nous donner en tête de texte ( en prologue) le titre de l’œuvre dont vous allez inventer la suite, ainsi que le nom de l’auteur, et la date de sa parution.

Nus pouvons commencer dés maintenant, et à vous tous, bonne plume.

 

Le point sur le fameux repas de Thanksgiving

thanksgiving 2014

J’en perd le compte, je ne sais plus très bien  ni où ni quand ni comment ni avec qui je les ai partagés dans les derniers quarante ans. Ce que je peux certifier c’est qu’ils se ressemblent tous, comme chez nous le réveillon ou le déjeuner pascal. Ces repas traditionnels ont quelque chose de monstrueusement  agréable, certes.  On s’en lasse.

Donc, le fameux repas de Thanksgiving. La tradition, c’est d’abord, l’oiseau, The Bird, la fameuse DINDE la plus grosse possible – celle d’hier pesait dans les vingt pounds, presque 10 kilogs.  C’est la pièce maîtresse du repas, on la sert toujours rotie,  farcie ou non. Je la préfère non-farcie. Ou alors, c’est moi qui fais la farce, aux marrons, et ce n’est pas du tout, mais alors, là, pas du tout du tout apprécié par les Américains.

Autour de la dinde, les légumes : purée de pomme de terre, purée de patates douces, oignons grelots en sauce blanche,  airelles, choux-fleur et/ou brocoli, haricots verts, carottes, le choix est sans fin. La table doit être, et c’est impératif, recouverte de plats.

Plus les corbeilles à pains (sucrés, mais bof, au point où nous en sommes, il y a longtemps que nous ne comptons plus les calories). Beurre, pichet de sauce brune/beige/grise, faite avec le jus de la dinde et dieu seul sait quoi d’autre  Sel et poivre facilement oubliés, car très peu utilisés  ici : on sale et on poivre dans la cuisine  et puis c’est tout.

Desserts : hier, nous n’en avions que deux, une tarte au potiron, et mon dessert aux pommes. Mais traditionnellement, il doit y avoir deux tartes, l’une au potiron, l’autre aux pommes, plus un bol de salade de fruits, ou une corbeille de fruits frais, plus de la crème, et des cookies : le repas de Thanksgiving est symbole d’abondance, on sort de là goinfrés pour la semaine qui vient, et quand c’est fini, on se traîne jusqu’à la voiture en se demandant comment on fera pour s’en sortir.

J’exagère ? Oui, j’exagère, mais le pire n’est pas le repas : le pire, c’est le déroulement de la cérémonie ; le timing si tu préfères. On arrive au début de l’après midi, pour l’heure de causette : nous sommes tous dans le salon, et nous grignotons des choses, crackers, olives, fromage, raisins, tout en sirotant une boisson, bière, ginger ale, ou vin. Il y a dix ou quinze ans, on servait scotch, porto, ou gin. Mais ca, c’était avant. Maintenant, le temps est à l’austérité. Ca me va très bien.

On « discute » ainsi pendant une heure et je peux t’assurer que une heure à essayer de trouver un sujet de conversation intéressant les autochtones, c’est lent à passer, d’autant plus que nous n’avons pas déjeuné – je te rappelle qu’il est 13 heures, ou plutôt 14, et nous passerons à table, devant les monstruosités énoncées dans le premier paragraphe, à 15 heures  si tout va bien. (1)

Et bien entendu, non, tout ne va pas bien  :  quelque chose a brûlé – hier, c’étaient les carottes. Ou bien quelque chose  n’est pas tout à fait prêt – hier, c’était la purée, qu’on avait oublié de  passer au presse-purée. Donc, les invités restent dans le salon, et tout la famille se précipite dans la cuisine pour aider la malheureuse  housewife.

Ici, j’ouvre la parenthèse indispensable pour la question que ne manquerait pas de poser la maîtresse de maison française : pourquoi les choses ne sont-ells pas prêtes ? et je réponds : Mais elles le sont ! Elle sont prêtes, tout est cuit, tout est en ordre, tout serait à la perfection s’il  n y avait cette putain d’heure de « conversation » qu’on nous inflige, pendant laquelle la maîtresse de maison abandonne la cuisine à son triste sort. Une heure plus tard, la dinde a eu le temps de refroidir, la purée de sécher, et la sauce d’attacher surtout lorsqu’on a oublié de la retirer du feu.

Enfin, on passe à table : dehors, la nuit s’installe ; ceux qui, comme moi, ont tendance à s’affoler pour rien regardent avec inquiétude la nuit, la neige et la température  tomber en même temps de l ‘autre côté des fenêtres. Ici, dans la salle à manger, il fait bon, il fait chaud,  et le vin aidant, les conversations  démarrent enfin. Il était temps, j’étais au bout de mes  ressources et bien décidée à plonger dans le mutisme sous prétexte de dinde à déguster.

Nous repartons trois heures plus tard, il n’est que 19 heures au cadran lumineux de la voiture et il me semble qu’il est presque minuit. La route est claire, lumineuse, parsemée de diamants. Nous savons depuis longtemps ce que cachent ces brillances fugitives dans la lueur des phares. Nous descendons de la montagnette par la route la plus courte, mais aussi la plus dangereuse à certains endroits et nous roulons à 25 miles/heure. De chaque côté, le paysage d’hiver est si beau, figé de blanc, que j’en oublie d’avoir peur.

Nous arrivons sans encombre chez nous. Ce matin, nous décidons que c’est terminé, le prochain Thanksgiving se fera sans nous. «  Il y a un temps pour chaque chose, un temps pour la joie et un temps pour la peine. »

L’essentiel est de savoir quand il est temps de changer de temps.

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lmg / 28 novembre 2014, NY

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(1)   Oui, on a pris un petit déjeuner substanciel, mais c’était il y a sept heures.

 

 

Novembre / Pendulum en mascaret

Nous y sommes depuis 10 jours, en mascaret : flux et reflux, un jour gris un jour doré, un jour de rires et un jour de tristesse, un jour de gloire et un jour d’humilité, un jour de fete ( les 20 ans de krystou !) et des jours de deuil ( mon père le 17, ma mère le 18, Jean, le 23)

Novembre en mascaret,  et quand l’eau se retire, ce sentiment de vide. Et quand l’eau revient au galop, la peur confuse d’une noyade,

Pourtant je n’aime ni l’eau étale ni la surface lisse des eaux dormantes.

J’aime le mystère de l’eau qui bouge.

On me dit que c’est aussi une question de lune ?

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lmg 10 novembre 2014

Concours pour gagner « Pas pleurer » de Lydie Salvayre

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grand « jeu-Goncourt »

Flux et reflux

Flux et reflux

Mer indifférente rejette déchets et rebuts sur les plages
Léchant sables, galets, rochers et fortifications.
Indifférente, elle roule, enfle, ou s’étale.
Ne sachant rien des terribles drames.
Pourquoi soudain un corps.
Inanimé, fin d’un espoir insensé.boat.peoplejpg
Boat people, migrants désespérés.
Lui a échoué, oublié là,
Victime terrible de notre vaste monde.
Les autres, naufragés d’une existence cruelle et injuste
Survivants en espérance minable
Ont gagné à la loterie de la vie.
Ballottés d’ignorances en cruautés
Repoussés de galères en misères
Refusés d’humiliations en indignités
Mer porteuse de rêves, liberté et vies meilleures
Tes vagues bercent le frêle esquif, menant vers l’Eldorado
Un grain, rouage imparfait, orages et pirates
Etres infâmes, scélérats et indignes
Des vagues monstrueuses chahutent le radeau de la liberté
Son équilibre fragile au moral incertain
Détruisant furieusement des avenirs, bâtisseurs, découvreurs,
De ces humains qui voulaient aimer la vie, ses couleurs et le sens des mots
Mer témoin de trop de voyages pour la dernière chance