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Articles de la catégorie ‘08 – Jeu d’Août’

Quadrivocalisme

Quadrivocalisme

Ivresse des vers rimés,
Vide le verre de vin,
Libère l’irréel, crée les merveilles.Atelier-poesie-Audenge
Enigme recherchée, clé en ré
Encres ciselées.
Déferlez, ciels déchirés.
Sifflez, bises enneigées
Empirez, siècles en milliers,
Déchiffrez, cinq, six, dix, seize, mille destins,
Préservez, livres en péril,
Lisez, grecs en chemises fripées.
Perles éphémères, nées de l’irréel
Friselis de mystères
Echelle fêlée, de ces shèmes emmêlés.
Inspiré en ces liesses inversées,
Ce lied ni licencieux, ni silencieux,
Lisez-le les lèvres, ni bées, ni fermées.

Pour ce dimanche 31, j’ai écrit Quadrivocalisme sans  utiliser les lettres du mois d’A-O-U-T.

 

 

Evènement marquant de ce jour: ma petite fille Loïs fête ses huit ans.

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Dilemme

Texte inspiré par le commentaire de Lise, sur le texte Doute de Carnets paresseux.

Dilemme

Doute d’eux, douteux ?
C’est grave docteur ?
Prenez deux gouttes, vous serez guéri.DOUTE1211MOUTTE_08
Deux gouttes, seulement ?
Avez-vous peur que je m’en dégoûte ?
Ayez confiance en mes gouttes.
Excusez-moi, docteur si je mégotte,
Mais vous êtes sûr de votre diagnostic ?
Deux gouttes, c’est tout.
Je ne doute pas de vous, mais d’eux.
Mais d’elles, voulez-vous dire ?
Non, non, je dis bien d’eux. Je me méfie d’eux.
Qui sont-ils exactement ces deux là,
Pour que vous vous méfiez d’eux ?
Vos médicaments, parbleu.
Ce sont des pilules roses.
Auriez-vous quelque chose contre le rose ?
C’est ma couleur préférée.
Sinon, j’aurais très bien pu vous prescrire du bleu.
Je n’en doute pas docteur, mais j’ai peur du bleu
Vous voulez dire que vous avez une peur bleue,
Mais de quoi donc ?
J’ai une peur bleue de rien du tout ; j’ai peur du bleu.
C’est la première fois que j’entends parler de cette maladie.
Vous êtes sûr, vous n’avez pas voulu dire peur du noir…vous ne portez jamais de vert… ?
Voilà, je confonds toujours le vert et le bleu.
C’est grave docteur ?
Deux gouttes seulement.

Doutes

J’ai un doute. Est-ce que ça valait la peine de partir au mois d’août ?

De quitter l’appartement au moment où j’avais enfin le temps d’en profiter ? La peine de remplir à la hâte une voiture de bagages (ou de remplir de bagages une voiture ? Dans le premier cas, le lecteur peut croire qu’on met la voiture dans les bagages, non ? Zut, j’ai un doute. Encore un). De démarrer à l’aube pour arriver en même temps que les autres (qui se sont aussi levés à l’aube) dans le plus gros bouchon annoncé depuis quinze jours là où il a lieu tous les ans, sur la même route ?

La peine de chercher dans les guides et de réserver à l’auberge spécialité-du-pays-et-ses-trois-cents-douze-fromages, le restaurant vaut-le-détour ou le bistrot du petit-plat-dans-les-grands qu’on atteindra jamais, en tout cas pas à l’heure du service, et de me retrouver arrêté sur une aire d’autoroute pour déglutir (chanceux) un vague casse-croûte ?

De rouler toute la journée pour gagner du temps, afin de gagner un coin perdu de campagne/plage/montagne où se trouvent déjà/où ne tarderont pas à arriver pleins d’inconnus et peut-être même mes voisins, ou, pire, un camp scout ?

De me lever tôt pour avoir le temps de faire la sieste, randonner, crapahuter, nager, kayaker, visiter, lire un Musso trouvé chez le point-presse du coin parce que j’ai fait le malin en emportant « tout-Proust » et que j’ai encore calé (comme tous les ans) à la première page ? De m’emmailloter et de m’oindre d’huile grasse pour, évitant les galets, griller au soleil entre sable et mazout ?

Et si j’étais parti en juillet ? Certes, j’aurais déjà vécu tout ça. Sauf qu’au moins, je serais déjà rentré. La ville serait à moi, déserte. Tous les magasins fermés (sauf la boulangerie et la pharmacie de garde). Déserte et encombrée de touristes (seraient-pas mieux chez eux ceux-ci ?), les chaussées et les trottoirs à la merci des services de voirie (partent jamais en vacances ceux-là ?) ; j’aurais le temps de faire mes comptes et de me confronter à ma prochaine banqueroute.

Aussi bien, est-ce que ça vaut la peine de rentrer  ? Décidément, ce mois d’août est propice au doute.

Historiettes

Historiettes

Août, te dis-je ! Qu’avais-tu entendu ? Out ? Ouste ? Aougoust ?
Alors c’est que je l’ai pensé en allemand.
Pas pensé, dit tout haut ?
Comment cela s’écrit ?
A-U-G-U-S-T.
Comme en anglais ?
Cela ne m’étonne pas. Car vois-tu, si le mois de juillet est riche de trente et un jours, août eut dû en avoir seulement trente …
Mais c’était sans compter avec ce cher empereur Auguste, qui voulut que ce huitième mois, à lui consacré, ait autant de jours que le mois de juillet, consacré à l’empereur Jules.
Jules ?
Jules César.
Et, tu as raison, tu serais née un premier septembre.
Et ton papa fêterait son anniversaire, normalement, comme tout le monde, tous les ans. Tu as encore raison.

PS : ce texte pourrait aussi être classé dans CALENDRIER.

AUGUSTEBshDhSlCMAQT_Qt.jpg largeProjet 2013 : une sculpture par jour FADIN Alexandra

Ma sculpture du 10 juillet 2013 célèbre en 2014 le bimillénaire de l’Empereur Auguste au Grand Palais

Rituel

mASCARET à ST PARDON en 08 2014.bis jpg

 

Rituel

Attendue, guettée, elle avance.
Habituelle, chaque jour,
Evènementielle, parfois.
Phénomène rare, naturel
Joyeusement célébré,
Curiosités empressées.
Elle arrive, souple,

Longue, calmement étalée,
Avec gravité et murmure.
Observateurs émerveillés
Ecoutent son approche,
Révélée par un bruissement.
Etirée dans toute la largeur
La voilà, surfeurs du monde entier,
Celle que vous adulez,
De la rivière, inversant le courant,
La vague des grandes marées,
Notre MASCARET.

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Aujourd’hui, mardi 12 août 2014, à 18h19(heure locale), une marée de fort coefficient (113) va amplifier ce phénomène bi quotidien, que l’on nomme mascaret.

Ne le manquez pas si vous êtes de passage en Gironde. C’est un spectacle magnifique!

Pour ceux qui ne pourraient pas, vous pouvez avoir un aperçu de ce moment « grandiose » sur  Surf sur la Dordogne

 

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Départ (Adrienne)

Qu’est-ce qu’il y a eu d’abord ? Qu’est-ce qui a tout déclenché ? Il ne s’en souvient plus.

Les cahots de la voiture le font constamment tressauter sur son siège. Il se cramponne au volant pour éviter d’avoir trop mal aux fesses, alors ce sont les muscles des bras qui trinquent. Fichue bagnole, fichue route aussi. Le soir tombant, il allume ses phares. Il a mal partout, le dos, la nuque, les épaules.

Ce qui lui manque encore le plus dans cette foutue bagnole, c’est une radio. Ça lui aurait tenu compagnie. C’est pour ça, peut-être, qu’il parle tout seul dans ce tas de ferraille. Juste espérer que ça tienne le coup.

Sur le siège arrière, un empilement de boites et de sacs, écroulés depuis longtemps dans un désordre qui ne peut annoncer que de la casse et des emmerdes. Il s’en fiche. Il est parti à la hâte, jetant tout son barda dans la vieille Jeep, sans faire le tri. L’important était d’avoir tout emporté. Et de s’en aller.

Il se dirige à l’instinct, suivant un parcours qu’il a plus ou moins en tête, évitant les autoroutes. Les yeux sur l’asphalte, il n’accorde aucune attention aux paysages pourtant magnifiques qu’il traverse.

Plus une seule cigarette! Il gratte dans le cendrier à la recherche d’un mégot qu’il pourrait rallumer. Peine perdue. J’aurais mieux fait de mettre l’oreiller sous mon derrière, au lieu d’empiler des boites par-dessus les affaires de couchage. Mais bon, j’avais pas le temps de faire dans le détail. Préméditation zéro. Les mains accrochées au volant, il ricane tout seul. Tempête dans un crâne, il connaît. Ce n’est pas la première fois.

La rejoindre à Vaasa n’est peut-être pas l’idée du siècle, mais il n’en a tout simplement pas trouvé d’autre. La route est longue. Il dormira quand il sera fatigué, n’importe où, au bord de la route. Juste le temps qu’il faut. J’y serai en trois jours, peut-être moins. Si je ne me perds pas en route.

Le soleil couchant au travers des bouleaux fait comme des étincelles rougeoyantes. Il est seul sur cette route depuis plusieurs kilomètres. A part le bruit du moteur, tout est parfaitement silencieux. Il redresse le dos, bascule sur ses hanches, fait rouler ses épaules… il tiendra bien encore une heure ou deux.

Je ne comprends pas que tu puisses vivre comme ça, disait-elle.

On s’habitue à tout, pourtant. D’ailleurs, c’est quoi, le confort? C’est quoi, le luxe? Qu’est-ce qui nous rend vraiment heureux? En ce moment, ce serait de pouvoir s’étendre sur un matelas et de roupiller un bon coup. Ça lui rappelle un détail de sa petite enfance. A la papeterie avec son grand-père, il avait été tout heureux de recevoir un beau paquet de buvards. Les gosses d’aujourd’hui savent-ils encore ce que c’est ?

Il repense à cet homme qu’il admirait tant. Il n’était pas beau, avec ses arcades proéminentes et son pied bot. Rien pour plaire. Jusqu’à ce qu’il vous parle. De tout, avec érudition. Et vous sourie. Toute la bonté du monde dans ce sourire.

Tout ce qui me reste de lui est là, dans un sac, sur la banquette arrière. Une photo gagnée dans un stand de foire, au tir à la carabine. Quelques lettres de sa main. Et sans doute aussi les buvards, qui étaient trop beaux pour être salis par de l’encre, et qui ont été de tous les déménagements.

Il sait que celui-ci ne sera pas le dernier.

Il sait qu’il est en route vers une femme qui ne l’aime plus.

Août ouaté

Routines

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Routines

Août, auguste huitième mois de l’année.
Bercé par les octaves fleuries des aoûtiens en partance
Routes encombrées, parfum d’essence pétrolifère
Les sereines cigales continuent leurs concerts
Fêtes et aoûtats pour ces vacanciers
Encombrements plagistes, eaux chaudes
Bronzage obligatoire, peaux brûlées
Offrande sacrificielle au soleil
Entrechocs des boules : tu tires ou tu pointes ?
Dégustation d’huîtres, fruits de mers à gogo
Fritures et nourritures touristiquement détournées
Porte-monnaie amaigri, une glace, un tour de manège
Peut-être ira-t-on au musée, écouter un concert
Visites et balades touristiques
On n’a pas trop de temps, on est toujours pressé
Consommer en vacances, c’est déjà le retour
L’année prochaine, on reviendra,
On était bien ici, dommage de rentrer.

 

Fichtre

Fichtre !

Août, un mois sans titre
Je pourrais peut-être faire le pitre
Passer à travers une vitre
Faire reluire une mitre
Tenter d’avaler sans respirer le contenu d’une bouteille d’un litreAoûtliberte-se-sentir-seul-a-paris-au-mois-d-aout
Mais pour août, ne pas trouver de titre
Comment titrer cette simple épître
Sans en faire tout un chapitre
J’en suis là, assise à mon pupitre
Devenue mon libre-arbitre
Autrement dit, libre de choisir un titre
Soit, ce ne sera pas huître
Encore moins cuistre
Je dirais bien atitre,
Mais le dico ne veut rien savoir, connaissant seulement attitre
Je m’incline devant le Maître.
Tout en ayant bien envie le l’envoyer paître.
Mais ne voulant pas être prise pour un reître
Je censurerai mon esprit traître.
Août vient de naître
Allons-nous le voir croître,
Sans l’affubler d’un titre ?

 

Jeu d’Aout 8 – A la mi-aout, par Fabrice

Mi-août, le chant du chat ? Non, bien entendu…

C’est juste la période où l’on nous rappelle que l’enseignement (n’) est (pas) gratuit, que l’on relance le sempiternel débat sur la réadaptation des horaires scolaires (histoire de demander aux enseignants pour la nième fois d’enseigner et d’éduquer), …  Lire la Suite